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Un père de famille dévasté par le meurtre de sa fille de 6 ans

GEN - PETIT MÉMORIAL AU 2532, RUE DESAUTELS
Photo Martin Alarie Des peluches et des fleurs ont été déposées devant le logement de la rue Desautels, où le drame s’est produit jeudi.

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Le père de la fillette de 6 ans qui a été poignardée à mort à Montréal peinait à comprendre, vendredi, ce qui aurait pu pousser son ex-conjointe, qui aimait tant leur petite, à commettre un tel geste.

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« Je n’aurais jamais pensé qu’elle aurait pu faire ça. Elle s’était fait tatouer le nom et la date de naissance de ses filles », a soufflé le père de la petite victime, le regard vitreux, quelques heures seulement après que son ex-conjointe de 36 ans a été accusée du meurtre non prémédité de leur enfant, au palais de justice de Montréal.

Celle-ci a comparu par voie téléphonique à partir de son lit d’hôpital.

Elle avait la voix calme, mais fatiguée, et n’était pas très volubile en s’adressant au tribunal.

Nuit d’horreur

Une ordonnance de la cour nous interdit de dévoiler l’identité de l’enfant et, donc, celle des membres de sa famille.

Vers 3 h, jeudi, la fillette de 6 ans a connu une fin atroce, en succombant à des blessures par arme blanche, dans son domicile, rue Desautels, dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Après avoir été considérée comme un « important témoin » par les autorités, sa mère a été interrogée, puis accusée vendredi de lui avoir enlevé la vie.

Mère aimante

Les proches du père de la fillette étaient toujours sous le choc, et dans l’incompréhension la plus totale, lors du passage du Journal à leur domicile.

Ils avaient confiance en la mère, lorsque la bambine était avec elle.

« Je ne comprends pas, parce qu’elle l’aimait, la petite », a laissé tomber la grand-mère paternelle, avec émotion.

Cette dernière, qui réside avec son fils, se serait d’ailleurs occupée de sa petite-fille pendant la majeure partie de sa courte vie.

« On est allés la porter chez sa mère pour qu’elle se fasse tuer, a renchéri la grand-tante de la petite avec colère, en regardant des photos de celle-ci sur son cellulaire. C’était son poulet d’amour. Elle a déjà dit que jamais elle ne lui ferait du mal. »

L’accusée a même récemment partagé son indignation sur les réseaux sociaux face au drame de Saint-Apollinaire, où deux jeunes filles ont été assassinées par leur père, Martin Carpentier, a-t-on pu constater.

Rien pour aider la famille à comprendre le geste qu’elle aurait commis.

« Sa mère m’a dit qu’elle l’amènerait en camping cette semaine. La petite me disait : “Papa, tu vas venir me chercher dans deux ou trois dodos” », a confié le père, qui a été en relation avec l’accusée pendant plus de cinq ans.

« Quand la petite dormait, je lui touchais le visage, je la caressais pour m’imprégner de son image au cas où il lui arriverait quelque chose, a-t-il poursuivi, avant de fondre en larmes, anéanti. Je n’ai pas pu la sauver. » 

Détenue

Selon nos informations, des problèmes de consommation et de santé mentale pourraient être à l’origine du drame.

La meurtrière alléguée est demeurée détenue vendredi, à la suite de sa comparution.

La défense n’a pas demandé à ce qu’elle soit évaluée pour vérifier son aptitude à comparaître ou sa responsabilité criminelle.

« Pour le moment, c’est prématuré », a fait savoir Me Elfriede Duclervil.

Pendant sa détention, la mère ne pourra pas communiquer avec son autre fille ni avec le père de la petite victime.