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We Charity: l’inexcusable

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Photo d’archives Justin Trudeau et le ministre des Finances, Bill Morneau, photographiés ici se serrant la main, font face à une enquête du commissaire à l’éthique dans l’affaire WE Charity, que les libéraux qualifient de «pseudo-scandale éthique».

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C’est le député néo-démocrate Charlie Angus, en parlant de l’affaire We Charity, qui a dit la chose la plus juste: «C’est un des scandales les plus stupides de l’histoire!»

Un scandale «stupide» dans le sens où toute personne ayant une connaissance minimale de la politique – à commencer par notre premier ministre – savait que cette affaire avait des odeurs de scandale. Et aurait agi autrement.

Les faits

Rappelons les faits: le gouvernement Trudeau a mandaté, en avril dernier, l’organisme We Charity pour s’occuper d’un programme de bénévolat étudiant.

Un contrat de 912 M$, et un retour de 43 M$ à l’organisme We Charity pour chapeauter le programme.

Le hic: les administrateurs de We Charity sont des généraux donateurs du parti et des proches du premier ministre Trudeau.

Sophie Grégoire, la femme du PM, y anime un balado, le frère et la mère de ce dernier y ont donné des conférences rémunérées à hauteur de centaines de milliers de dollars.

Déjà cela en soit, c’était assez pour que scintille l’enseigne «conflit d’intérêts» sur le radar de notre premier ministre!

Notre PM l’a reconnu, s’en est excusé, fidèle à ses habitudes.

L’implication de Bill Morneau

On y apprend ensuite que l’affaire ne s’arrête pas là: les deux filles du ministre des Finances, Bill Morneau, auraient travaillé à WE.

Pire encore, le ministre des Finances s’est fait rembourser deux voyages organisés par l’entreprise au coût de 41 000$.

Le ministre, «ça d’lair», n’était pas au courant du remboursement de ses voyages.

Lui aussi l’a reconnu et s’en est excusé.

Si nous étions moindrement de mauvaise foi, nous penserions que le contrat donné à We Charity constitue du pur trafic d’influence et un conflit d’intérêts, dans leurs définitions les plus élémentaires.

Parce que tout pointe dans cette direction: un généreux donateur du parti, des proches du premier ministre, une organisation copain-copine avec le parti et en retour... un contrat lucratif à souhait.

Naïveté de Trudeau

Donnons tout de même le bénéfice du doute à l’équipe libérale.

Admettons que le gouvernement Trudeau ne voulait pas «mal faire». Simplement de la naïveté.

Le gouvernement Trudeau voyait en We Charity une manière certaine que le programme soit bien administré.

Il reste que l’affaire demeure profondément déroutante!

Le fait que l’équipe du PM et celle du ministre des Finances ne se soient pas aperçues – en réunion – de l’absurdité de promulguer un contrat de 900 M$ à des amis du parti constitue déjà, en soi, un problème troublant.

Parce qu'elle nous laisse croire que parmi les plus hautes sphères du gouvernement canadien, les liens étroits entre la politique et certains milieux proches du parti ne sont pas une réelle préoccupation.

Un véritable homme d’État aurait minimalement compris que son gouvernement aurait dû pratiquer une distanciation sociale avec l’organisme We.

Dans toute démocratie normale, sérieuse des processus d’impunité et d’imputabilité des élus, cette affaire devrait provoquer révocation, démission ou retrait.

Ce serait un minimum!

Sinon, dites-moi, quelle est l’utilité de nos lois pour contrer la corruption et le népotisme de nos élus si elles ne sont pas appliquées?