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La course aux remèdes: le remdésivir sur le point d’être approuvé par Santé Canada

L’organisme devrait émettre un avis de conformité pour l’utilisation de l’antiviral

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L’antiviral remdésivir devrait devenir sous peu le premier médicament à être approuvé par Santé Canada pour une utilisation spécifique dans les cas de COVID-19.

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« Santé Canada est en train d’étudier ça et nous avons des échanges avec le fabriquant », informe Sylvie Bouchard, directrice de l’évaluation des médicaments et des technologies à des fins de remboursement à l’INESSS. « Santé Canada pourrait délivrer de façon imminente son avis de conformité. »

Actuellement, le médicament n’est pas disponible au Canada, sauf dans le cadre de programmes spéciaux ou de protocoles de recherche. Cet avis de Santé Canada permettra au médicament d’être commercialisé. Les Canadiens malades de la COVID-19 pourront ainsi en bénéficier dans l’éventualité d’une deuxième vague, indique la spécialiste.

Le remdésivir est donc le seul antiviral qui a passé avec succès le test des études. Après avoir largué la chloroquine et le Kaletra, l’Organisation mondiale de la santé a confirmé qu’il reste le seul antiviral en liste dans les essais qu’elle supervise. 

« Un impact majeur »

Le médicament a été développé pour lutter contre l’Ebola. Il est fabriqué par la compagnie pharmaceutique Gilead. Il agit en empêchant la reproduction du virus et a démontré son efficacité dans le cadre de plusieurs études, chez les patients hospitalisés. Son action permet de réduire le temps de rétablissement de la maladie et de diminuer la durée du séjour en hospitalisation de quatre jours en moyenne. 

Dans le cas de la Floride, par exemple, où les établissements de santé sont bondés, quatre jours de moins passés par les patients sur les lits d’hôpitaux, cela a un « impact majeur sur l’organisation des soins », souligne Mme Bouchard.

Le médicament est cependant très cher, souligne l’intensiviste et chercheur au CHUM Michael Chassé, qui apporte des bémols à son utilisation à grande échelle. « C’est très loin d’être une molécule miracle et de toute façon, ils ne sont pas capables d’en synthétiser assez pour l’instant pour qu’on puisse y avoir accès. C’est très dispendieux. »

Au Québec, le coût n’est pas un frein à l’utilisation d’un médicament, souligne le Dr Chassé. Mais ce n’est pas le cas de tous les pays.

Des anticorps des lamas sous la loupe 

Winter, une femelle Lama de Belgique, est capable de produire des anticorps contre le coronavirus.
Photo d’archives, AFP
Winter, une femelle Lama de Belgique, est capable de produire des anticorps contre le coronavirus.

Vous vous souvenez peut-être de Winter (photo), cette femelle lama, en Belgique, capable de produire un anticorps qui est étudié contre la COVID-19. Pendant que ces chercheurs poursuivent leurs travaux, d’autres scientifiques, britanniques ceux-là, explorent aussi les capacités immunitaires de ce mammifère ruminant. Les spécialistes affiliés au Rosalind Franklin Institute affirment avoir découvert des anticorps, dérivés aussi des lamas, capables de neutraliser le SARS-CoV-2. On les appelle des nanocorps en raison de leur petite taille. Selon des tests en laboratoire, une fois modifiés, ils ont la capacité de se lier à la protéine en pointe du SARS-CoV-2, l’empêchant de pénétrer dans les cellules humaines. 

Le vaccin contre la tuberculose préviendrait des décès 

Des chercheurs américains de l’université Virginia Tech se sont demandé pourquoi le taux de mortalité lié à la COVID-19 était particulièrement faible dans certains pays en développement. Une partie de la réponse serait qu’on continue d’y administrer massivement un vaccin contre la tuberculose, maladie moins commune dans les pays industrialisés. On sait que le vaccin bilié de Calmette et Guérin (BCG) offre une certaine protection contre d’autres maladies respiratoires virales. Une analyse statistique démontre que les décès causés par la COVID-19 sont en effet moins nombreux, toute proportion gardée, dans les pays où le BCG est plus répandu. 

4 molécules empêcheraient la réplication du virus 

Quatre médications existantes qui sont en développement ou déjà utilisées pour le traitement d’autres maladies auraient aussi la capacité d’empêcher le virus SARS-CoV-2 de faire des copies de lui-même dans le corps humain. C’est ce qu’avancent des chercheurs du sud de la Floride après avoir mis à l’essai, lors de tests biochimiques en laboratoire, une cinquantaine de composés. Les quatre produits retenus sont les plus prometteurs, mais d’autres études devront être faites pour confirmer leur effet anti-COVID-19. Ils ciblent une enzyme clé du coronavirus, sans laquelle il ne peut se reproduire dans les cellules humaines. 

Ce qu’en pense le doc Béliveau 

L’approbation du remdésivir est une bonne nouvelle, mais les données cliniques acquises montrent clairement que ce médicament ne pourra pas à lui seul enrayer la pandémie. C’est toutefois une arme de plus dans notre arsenal thérapeutique. Utilisé en combi-naison avec d’autres médicaments, il pourrait présenter une synergie d’efficacité surprenante, en attaquant une cible thérapeutique nouvelle.

Situation au Québec

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Tests effectués

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