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Lettre à mon fils pour ses 18 ans

Lettre à mon fils pour ses 18 ans

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Colin chéri,

Aujourd’hui, ça fait 18 ans que ton joli petit nez est sorti de mon gros bedon. Tu étais si petit et aujourd’hui tu es si grand! C’est toi qui me soulèves maintenant.

Quand tu es arrivé sur Terre, on pouvait entrevoir le meilleur et le pire. L’actualité d’alors semble soudain si lointaine. Surtout en ces temps de pandémie.

Le Québec était entre les mains du PQ de Bernard Landry. L’Assemblée nationale votait une loi pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Jean Chrétien et les libéraux se démenaient en plein scandale des commandites. Les États-Unis étaient sous la gouverne de Georges W. Bush qui préparait une nouvelle guerre contre l’Irak. Le monde venait d’être ébranlé par les attentats du 11 septembre.

Et pendant ce temps, Norah Jones chantait Don’t Know Why et Daniel Bélanger, Rêver mieux...

Je rêvais pour toi d’un monde plus écologique et solidaire. Quelques semaines avant ta naissance, le Québec avait connu une canicule sans précédent: 38°C au Saguenay. Les extrêmes climatiques se faisaient de plus en plus ressentir un peu partout sur la planète. La ratification du protocole de Kyoto par le Canada et plusieurs autres pays donnait espoir qu’enfin on passerait de la parole aux actes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Depuis, la situation s’est empirée pour le climat comme pour la biodiversité.

Malgré toutes les raisons qu’on a de désespérer, quand je te regarde, je reprends courage. Je te sens si fort qu’il me semble que peu importe ce qui arrivera sur cette planète tu y trouveras ta voie. Tu sauras voir dans les problèmes de nouveaux défis à relever avec ton cœur généreux.

Je suis convaincue que tu sauras partager ta chance et tendre la main. Tu partages depuis que tu es tout mini. Je me souviens d’une fois où tu avais reçu un sac de tes bonbons préférés. Je te voyais saliver sans y toucher. Quand je t’ai demandé pourquoi tu ne les mangeais pas, tu m’as répondu: «Je veux les partager avec Alphée.»

Elle en a de la chance de t’avoir, ta petite sœur! Même si tu as toujours été le champion pour l’embêter et vice-versa, on sait qu’elle peut compter sur toi. Et moi aussi, comme nous tous qui avons la chance d’être présents dans ta vie. On se chicane un peu parfois, mais on s’aime assez pour être capables de se recoller.

À 18 ans, tu sais maintenant que le monde n’est pas toujours ce que l’on souhaite. Il se construit à force des choix qu’on y fait individuellement et collectivement. Chacun de nous en est un petit morceau. Comme le disait Diane Dufresne lors de son grand show Terre planète bleue: «Il faut changer le monde et le monde, c’est nous!»

Quoiqu’il arrive Colin, j’ai confiance en toi et en ta génération. Il est temps que tous ensemble, on prenne enfin nos responsabilités.

Je t’aime!

Ta maman