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Quand les enfants restent ou reviennent à la maison

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On a tous entendu parler du jeune trentenaire installé dans le sous-sol de la maison familiale, au grand dam ou au grand bonheur de ses parents ! Ce phénomène n’est pas nouveau, et porte un nom, inspiré d’un grand succès du cinéma français : Tanguy. En plus de ceux et celles qui ne veulent ou ne peuvent pas voler de leurs propres ailes, d’autres sont forcés de revenir au bercail, pour des raisons économiques, et plus récemment à cause de la pandémie. On pourrait parler d’« effet boomerang ». 

Aucun nouveau parent n’aime imaginer le jour où son enfant quittera le nid familial. Tout petits, ils dépendent entièrement de nous, une situation qui se transforme graduellement à l’adolescence : ils n’acceptent plus les règles aussi facilement, et leur opposition constitue une façon de s’affirmer, et de se définir. À la fin de cette période charnière, ils auront acquis une autonomie pouvant amener d’autres bouleversements, dont une aisance un peu plus grande aux yeux de certains parents. 

Des idées pour la maison 

Or, pour que règne l’harmonie entre personnes de différentes générations encore sous un même toit, des règles demeurent nécessaires. Tous se retrouvent sur le même terrain, et (à peu près) au même niveau : celui de l’âge adulte. Cet âge où l’on fait davantage la différence entre l’essentiel et le dérisoire – même si la définition n’est pas la même pour tout le monde. 

Alors qu’il est important de respecter certaines directives (s’entendre sur la venue de visiteurs, éviter le bruit à partir d’une heure précise, ne pas vider le chauffe-eau, etc.), ou remplir ses tâches (participer à la préparation des repas, vider le lave-vaisselle, sortir les poubelles, etc.), chaque adulte n’en voit pas la même importance. D’où les inévitables confrontations. 

Ces sources de conflits disparaissent souvent lorsque les enfants ont quitté le nid familial. Ils découvrent l’importance de chaque geste, appréciant tout ce que leurs parents ont fait pour eux, car ils doivent maintenant le faire par eux-mêmes. Voilà une révélation : ces tâches et ces responsabilités rendaient la vie de tous plus agréable. 

Partir, revenir 

On l’a souvent répété : nous n’étions pas prêts à l’arrivée de la pandémie de la COVID-19, ainsi qu’aux impacts, immenses, du confinement. Ce fut la même chose pour ces parents qui ont vu leurs enfants devenus grands revenir s’installer à la maison pendant cette éprouvante période, et qui perdure.  

Ce retour inattendu a pu constituer un choc, et exiger une réadaptation, surtout dans un contexte où la maison ne ressemble plus à ce qu’elle fut (ou alors vendue pour le confort d’un condo). Pour un « retour » harmonieux, il faut d’abord reconnaître que la négociation se déroule maintenant entre adultes ; certains ont perdu l’habitude d’indiquer à leurs parents à quelle heure ils vont rentrer ou s’ils vont manger à la maison ! La communication est alors essentielle, de même que l’importance de faire des compromis, voire des accommodements raisonnables !

Dans ce contexte de turbulence prolongée, il est important pour chacun d’avoir son propre espace... comme à l’adolescence ! Quand on dispose de son coin intime, si petit soit-il, que l’entraide est mutuelle, que chacun connaît son rôle, tout le monde peut bénéficier de cette cohabitation forcée, peut-être même empreinte de tolérance et de respect. C’est aussi une occasion privilégiée pour le parent de découvrir l’étonnante maturité de ceux qui étaient des enfants il n’y a pas si longtemps, et pour le jeune adulte la sagesse d’un père et d’une mère trop souvent perçus comme de simples figures d’autorité.  

Et finalement, malgré la bonne entente, ou pour éviter que les irritants s’installent ou s’éternisent, de même que l’hébergement, discutez avec vos nouveaux pensionnaires de la durée potentielle de leur séjour, question d’être sur la même longueur d’onde. Cela permettra à tous de planifier leur second départ. Vers la même destination : la vie adulte.