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À quand de vraies enquêtes sur WE Charity?

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau et son épouse Sophie Grégoire sur la scène du WE Day UN, au Madison Square Garden à New York, en septembre 2017.

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Dans l’affaire We Charity, chaque semaine apporte son lot d’excuses, plus grotesques les unes que les autres.

Il y a eu celles de Justin Trudeau et Bill Morneau pour avoir oublié que la loi sur les conflits d’intérêts s’applique à eux aussi. Puis l’acte de contrition surréel du ministre des Finances pour avoir oublié de rembourser des frais de voyage de 41 000 $.

Au-delà du spectre de copinage digne du scandale des commandites qui enveloppe cette affaire, c’est pour la désinvolture et la négligence dans l’administration des fonds publics que l’ensemble du gouvernement Trudeau devrait s’excuser.

Les coins ronds...

On comprend aujourd’hui que WE Charity n’est pas une organisation caritative comme les autres. 

Transferts de fonds vers l’entreprise sœur ME to WE, vaste lot de biens immobiliers à Toronto, le tout assurant des revenus confortables aux frères Craig et Marc Kielburger.

Déjà, les doutes au chapitre de la gouvernance ont incité plusieurs des plus généreux donateurs à quitter le navire dans les derniers jours. 

Bye bye les millions de Telus, Virgin et plusieurs autres.

Mais ces questions importantes sur la gouvernance de WE, il semble que personne ne se les soit posées au gouvernement. Ni les fonctionnaires ni les membres du cabinet, à en croire le greffier du Conseil privé.

Pourtant, l’Agence du revenu du Canada, elle, devrait en avoir des questions, sur les entourloupettes financières de WE Charity. Va-t-elle à son tour ouvrir une enquête ?

Et que dire des allégations selon lesquelles WE Charity aurait refilé les données sur ses participants au Parti libéral.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Imaginez le reste...

Morale de l’histoire, encore une fois la pandémie a le dos large.

Le gouvernement a tourné les coins ronds sous prétexte d’aider les étudiants, donnant un sérieux coup de pouce à WE Charity dans le détour.

Or, la question se pose : combien d’autres programmes issus de la pandémie ont été lancés et administrés avec autant de désinvolture ?

Que le gouvernement ait fait le choix d’imposer peu de contrôles pour sauver des familles de la faillite dans le cadre de la Prestation canadienne d’urgence est une chose.

Mais il ne faut pas oublier qu’au total, ce sont 315 milliards de fonds publics qui ont été dépensés en quelques mois.

Combien d’autres amis du parti ont eu un accès privilégié aux milliards du gouvernement ? 

Combien d’autres contrats ont fait l’objet d’autant de négligence ?

Face aux révélations quotidiennes dans cette affaire, difficile de ne pas craindre que WE Charity ne soit que la pointe de l’iceberg.