/news/coronavirus
Navigation

Le masque est moins efficace s’il est mal porté

Gens qui portent mal leur masque
Photo Pierre-Paul Poulin Javier Salazar assure qu’il porte toujours le masque, mais il l’abaisse parfois sous son nez pour mieux respirer.

Coup d'oeil sur cet article

Masque accroché au cou ou pendouillant à l’oreille, manipulations multiples : le couvre-visage est souvent mal utilisé, ce qui peut réduire son efficacité.

• À lire aussi: Une habitude loin d’être ancrée

Obligatoire dans les lieux publics fermés du Québec depuis le 18 juillet, le couvre-visage est largement adopté par les citoyens.

Mais une simple visite près d’une station de métro et dans un centre commercial suffit pour constater que les bonnes pratiques sont vite oubliées.

« Ça fait longtemps que je le porte. Je l’ai mis sous mon nez pour mieux respirer », explique Javier Salazar que Le Journal a croisé à la sortie du métro.

De son côté, Moubassirou Diallo affirme qu’il l’a quant à lui baissé sous son nez par inadvertance pour aller au guichet automatique.

Comme la plupart des passants interrogés, les deux hommes sont au fait des bonnes pratiques, mais font parfois preuve de laisser-aller pour des raisons de confort.

Moubassirou Diallo, croisé à la sortie d’un guichet automatique, ne s’était pas rendu compte que son masque avait glissé sous son nez.
Photo Pierre-Paul Poulin
Moubassirou Diallo, croisé à la sortie d’un guichet automatique, ne s’était pas rendu compte que son masque avait glissé sous son nez.

Efficacité moindre

Le masque est-il moins efficace lorsqu’il n’est pas bien porté ?

« L’efficacité du masque est limitée et elle l’est encore plus quand on ne le porte pas de la bonne manière », soutient le Dr Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec, qui critique l’obligation du couvre-visage.

« La majorité des gens respirent par le nez. Bien sûr, le risque de projeter des gouttelettes est moins élevé que par la bouche, mais [un masque porté sous le nez] enlève une partie de la protection », souligne Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec.

Il indique toutefois qu’aucune étude n’a statué à ce sujet.

Les deux spécialistes s’entendent pour dire qu’on ne perd rien à mettre toutes les chances de notre côté.

Quelques conseils

Interrogé à ce sujet, les deux experts rappellent quelques consignes pour bien porter le masque :

  • Bien le positionner sur son visage : « Quand on le porte, le masque ou le couvre-visage devrait être propre et il devrait être apposé de manière à couvrir le nez et le dessous du menton. S’il y a une barrette [au niveau du nez], on devrait la serrer pour qu’il tienne bien en plus de réduire les entrées d’air », explique le Dr De Serres.
  • Pas touche : « Une fois qu’on le porte, on devrait éviter de jouer avec. Si on le touche, on devrait se laver les mains avec du savon ou du gel désinfectant », ajoute le spécialiste.
  • Trouver le bon modèle pour soi : « Quand il n’est pas bien adapté, c’est difficile de le porter longtemps », explique le Dr Jacob.
  • Être patient : « Il y a un certain temps d’adaptation, mais on s’habitue ! », insiste-t-il.
  • Le laver : « Il faudrait le laver chaque jour. Si on le porte pour une quinzaine de minutes, ça ne devrait pas être un problème de le remettre. Toutefois, il faudra faire attention à la manière dont on le manipule », note le Dr De Serres.