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Aventure unique

Brigitte Thibault fait ses marques dans les tournois amateurs américains

Brigitte Thibault
Photo courtoisie, women’s western golf association Toute souriante, Brigitte Thibault pose avec le trophée remporté à la 120e édition du prestigieux tournoi amateur du Women Western Amateur Championship présenté au club de golf Prestwick près de Chicago.

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Brigitte Thibault a remporté ce week-end le prestigieux championnat amateur féminin Western dans la grande région de Chicago. Un accomplissement hors du commun qui s’inscrit dans une aventure unique. 

Le 22 juin, la jeune Québécoise de 21 ans a décidé de mettre le cap vers les États-Unis afin de vivre une épopée en solitaire. Une volonté personnelle afin de repousser ses limites et apprendre sur elle-même. 

Si certains jeunes adultes partent à la découverte de l’Europe ou de l’Asie avec le sac à dos, Thibault a décidé de faire semblable à travers l’Amérique. À la différence qu’elle le fait avec son sac de golf. 

« Je le fais pour un sport qui me passionne. J’aime voyager. Le faire seule ne me dérange pas. Je me vois grandir personnellement, a-t-elle expliqué en entrevue avec Le Journal de Montréal après sa victoire au club de golf Prestwick. 

« Je suis seule dans mon auto, à l’hôtel ou dans les avions, je n’ai pas de problème avec ça, a poursuivi celle qui dit avoir un avant-goût de la vie chez les pros. Je vois les manières dont je réagis. J’ai le désir d’être une meilleure personne et une meilleure golfeuse. J’apprends à m’accepter et je suis très heureuse de mon trajet. » 

De Fresno à Vegas... à Pinehurst

Elle a d’abord posé ses valises dans son appartement de l’Université de Fresno en Californie et elle est partie à la conquête des tournois amateurs américains à bord de sa petite Mazda 3. La route l’a menée en Arizona où elle s’est entraînée avec son compatriote Joey Savoie. 

Par la suite, elle a participé à un tournoi du Cactus Tour, un circuit professionnel féminin, dans la région de Las Vegas où elle a terminé au neuvième rang. Elle est ensuite retournée à l’entraînement en Arizona afin de peaufiner certains détails en prévision du Championnat amateur North and South à Pinehurst, en Caroline du Nord. 

C’est là où elle a reçu une autre grande leçon de son sport et de la vie. Elle a livré sa « pire » performance en trois ans selon ses propos. Une 97e place. 

« Le score est accentué, parce qu’évidemment, c’est Pinehurst. Mais au lieu de ressortir de là maraboute sans tourner la page, j’en suis ressortie avec le sourire, a raconté l’auteure de rondes de 77 et 81. J’ai appris que je pouvais bien frapper la balle partout, je ne devais pas être affectée mentalement. Il faut que je puisse négocier avec mes performances négatives. » 

Des leçons qu’elle a vite mises en application, car en se présentant en Illinois sans être au sommet de son art, elle a su contrôler son jeu, naviguer dans l’adversité et en repartir avec le trophée. 

Parmi les grandes 

Une pièce métallique de l’Association de golf féminin Western sur laquelle sont d’ailleurs gravés les noms de championnes de la LPGA dont Stacy Lewis (2006) et Ariya Jutanugarn (2012). À elles deux, elles compilent 22 victoires, dont quatre titres majeurs.  

La 120e édition du championnat remportée par Thibault est l’un des plus vieux tournois amateurs féminins regroupant l’élite amateur et collégiale. C’est ce qui rend la victoire d’autant plus spéciale dans cet évènement en formule partie par coup l’instant de deux rondes qui passe ensuite en formule partie par trous dès la ronde des 32. 

« Ce n’est pas évident de classer les expériences, car j’ai vécu de belles choses, a exprimé la double championne sur le circuit NCAA et participante au Tournoi amateur féminin du Augusta National. C’est un bel accomplissement. Je le mets très haut dans ma liste. Et c’est inspirant de voir mon nom parmi ces championnes. »  

Pour y arriver, la 124e golfeuse amateur mondiale a d’ailleurs vaincu deux adversaires en prolongation, entre autres en demi-finale. Son jeu court et ses fabuleuses sorties d’impasses ne leur ont laissé aucune chance. 

On la connaissait comme une véritable battante sur le parcours, une qualité qui en fait sa marque de commerce, ses rivales ont pu le constater. 

La semaine prochaine, elle traînera son baluchon vers le Championnat amateur féminin des États-Unis, au Maryland, à la conquête d’un nouveau trophée et au passage, de précieuses leçons. 

Joey Savoie épaté par sa coéquipière

Coéquipier de Brigitte Thibault sur l’équipe nationale, Joey Savoie s’est dit impressionné par son exploit. 

Joint par Le Journal alors qu’il était de retour au Dakota du Sud après une escapade golfique au Minnesota ce week-end, Savoie a tenu de bons mots envers la Québécoise avec qui il s’est entraîné en juillet. 

« Brigitte démontre vraiment une bonne attitude. Elle fait confiance à son processus et à ses changements techniques. Tout le mérite lui revient. 

« Ce championnat figure parmi les plus importants des tournois amateurs féminins, a-t-il ajouté. Ce n’est pas facile de le gagner et c’est une belle victoire. Chapeau. » 

Savoie a du même souffle salué l’audace de sa jeune coéquipière qui a décidé de partir à l’aventure à travers les États-Unis cet été malgré toute la situation pandémique. 

« C’est la bonne chose à faire pour vivre l’expérience d’un pro de golf. Il faut savoir partir et vivre seul. Elle apprend dans une situation différente et je pourrais même dire excitante. »

Bon résultat aussi

Tel qu’effleuré d’entrée de jeu, Savoie a disputé ce week-end le Pro-am Greatlife Worthington du Dakota Tour. Grâce à une excellente ronde finale de 64 (-7), il a bondi du 11e au 4e rang. 

Devenu pro depuis l’hiver, il s’agit de l’un de ses meilleurs résultats. Plus tôt cette saison, sur le Outlaw Tour, il avait terminé en deuxième place. 

« Le calibre du circuit au Dakota est relevé. Les couperets sont bas. Il y a plusieurs bons joueurs qui sont sortis d’ici. Nous jouons de bons terrains et le calendrier est occupé. Il y a peu de temps de repos. »

Justement, moins de 12 heures après sa ronde finale, il avait conduit durant plus de 2 h 30 afin d’être sur le tertre à Yankton, au Dakota du Sud, lundi matin. Il devait disputer une qualification pour le tournoi cette semaine. 

Depuis son départ du Québec il y a près d’un mois, il gruge les kilomètres à bord de sa voiture. Il a d’abord fait escale en Arizona où il a dû paqueter des boîtes à son appartement. Il a ensuite roulé vers les états du Dakota, du Minnesota, du Utah, du Colorado et du Nouveau-Mexique, pour ne nommer que ceux-là. Il voit les étendues agricoles des États-Unis dans toute leur splendeur ! 

« Sur un trajet, je n’ai pas croisé de McDonald durant un bon sept heures de route, c’est dire, a-t-il lancé avec humour. Mais je dois avouer que le Grand Canyon et les montagnes du Colorado sont superbes. Depuis trois semaines, j’ai avalé plus de 10 000 km. 

C’est fatigant, mais c’est l’expérience qui entre. Je dois le faire pour suivre mon rêve. »