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Difficile de se trouver du bois pour des travaux

Les scieries peinent à fournir les quincailliers qui ont vu la demande doubler

Bruno Lavoie matériaux
Photo Pierre-Paul Biron Bruno Lavoie, propriétaire de BMR Matériaux Lavoie à Lévis, n’a jamais vu un engouement aussi fort pour les matériaux comme le bois traité. « Nos délais de livraison sont à plus d’une semaine, ce qu’on ne fait jamais. Et si tu manques ta chance, un autre prend la place tout de suite. »

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Les gens qui ont des idées de grandeur pour leurs projets de rénovations extérieures devront peut-être revoir à la baisse leurs ambitions alors que des difficultés d’approvisionnement touchent plusieurs matériaux de construction, dont le bois traité.

Preuve que les Québécois passent plus de temps à la maison, les investissements dans les projets de rénovations extérieures ont explosé cet été. En fait, la demande aurait au moins doublé au cours des dernières semaines.

« Nous avons observé une hausse de la demande de deux à trois fois plus élevée que l’an dernier au niveau des matériaux de construction, principalement dans le bois traité », explique Alexandra Thomson, porte-parole de la chaîne de quincaillerie BMR.

Dans la grande région de Québec, les matériaux sont difficiles à trouver et les délais de livraison peuvent compliquer bien des projets.

« Je n’ai jamais vu une demande aussi forte. C’est vide partout et personne n’est capable d’en avoir », raconte Bruno Lavoie, propriétaire de Matériaux Lavoie, détaillant BMR à Lévis.

Scieries débordées

Selon les gens consultés, la capacité des scieries serait en cause dans cette pénurie. Tous ont dû stopper leurs productions pendant plusieurs semaines alors que l’appétit de la clientèle, lui, explosait.

« Les scieries ne fournissent pas. Il y a des produits où les commandes vont jusqu’en novembre », explique Robert Dorval, directeur adjoint chez Canac à Saint-Romuald. 

Les inventaires ont donc baissé rapidement. « Les livreurs nous le disent, les cours sont vides. J’ai un fournisseur qui a habituellement 4 millions de pieds carrés de bois dans la cour, et là, il n’a même pas 100 000 », ajoute Bruno Lavoie.

Le Journal a tenté sans succès d’obtenir l’avis de la chaîne RONA et de plusieurs fournisseurs de bois sur la question, sans succès.

Prix gonflés

Tout ça a eu pour effet de faire gonfler le prix du bois d’entre 30 % et 40 % selon le type ou la coupe.

« Actuellement, on n’achète pas des prix, on achète dès qu’il y a des quantités, même si c’est plus cher », image M. Lavoie.

Mais les hausses de prix ont aussi leur limite. Certains ont préféré se passer de certains matériaux plutôt que de refiler une facture trop gonflée.

« On a refusé les propositions de certaines scieries parce qu’on ne voulait pas vendre du cinq fois le prix à la clientèle », indique Robert Dorval.

La solution pourrait donc être de remettre à plus tard des projets de trop grande envergure pour déjouer les factures gonflées et s’éviter un casse-tête logistique.

« Un gros projet ? Moi j’attendrais à l’automne pour être honnête », admet Bruno Lavoie.