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L’intimidation envers des journalistes dénoncée

Deux reporters de TVA ont subi des agressions de manifestants anti-masque

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Les agressions commises à l’endroit de deux journalistes de TVA, lors de manifestations anti-masque ce week-end, ont été dénoncées sur toutes les tribunes lundi, tant par la direction de TVA et le syndicat que par la vice-première ministre du Québec.

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Lors d’une manifestation contre le port du masque obligatoire, à Montréal, samedi, le journaliste de TVA Yves Poirier a été la cible d’insultes et d’intimidation de la part de manifestants. Ce dernier a même reçu une canette de bière au visage. 

Le journaliste de TVA Nouvelles Yves Poirier a été menacé par des manifestants, dont Pierre Dion (chandail rose), samedi, lors d’une manifestation anti-masque à Montréal.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Le journaliste de TVA Nouvelles Yves Poirier a été menacé par des manifestants, dont Pierre Dion (chandail rose), samedi, lors d’une manifestation anti-masque à Montréal.

Le lendemain, à Québec, une autre journaliste de la chaîne, Kariane Bourassa, a été enlacée contre son gré et prise à la taille par deux hommes qui ne portaient pas le masque alors qu’elle tentait de respecter les règles de la santé publique. 

La journaliste de TVA Nouvelles Kariane Bourassa a été enlacée par deux militants qui prenaient part à une manifestation anti-masque, alors qu’elle était en direct à LCN, dimanche, à Québec.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
La journaliste de TVA Nouvelles Kariane Bourassa a été enlacée par deux militants qui prenaient part à une manifestation anti-masque, alors qu’elle était en direct à LCN, dimanche, à Québec.

« La direction de TVA condamne de tels agissements qui représentent non seulement de l’intimidation face au travail journalistique et une atteinte à l’intégrité de notre reporter, mais également une menace à la sécurité de nos journalistes et caméramans sur le terrain », indique TVA dans un communiqué.

L’entreprise dit être en communication avec les autorités policières et « évalue présentement ses recours ».

Plus tôt en journée, lundi, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer le « mépris » dont certains manifestants anti-masque ont fait preuve envers des journalistes dans les derniers jours. 

« Ce n’est pas acceptable », a martelé Mme Guilbault, en point de presse à Montréal.

« Inadmissible »

« C’est très inquiétant, désolant et inadmissible. En ce moment, au Québec, il y a une ambiance de hargne et de non-respect envers les journalistes, qui est le fait d’une minorité de personnes, mais de plus en plus bruyante », déplore le vice-président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Jean-Thomas Léveillé. 

Le syndicat qui représente les journalistes de TVA réclame des mesures pour protéger la liberté de presse et les journalistes.

« Les médias sociaux débordent de théories du complot qui prêtent aux journalistes des intentions diaboliques et qui en font les boucs émissaires de tout et n’importe quoi. Ces théories contaminent des individus et des groupes, qui les comprennent comme un permis d’intimider, de harceler et d’agresser. Dans l’ensemble de la société civile, il faut se retrousser les manches pour trouver des solutions et les appliquer, sans attendre d’autres dérapages », souligne Carl Beaudoin, président provincial du SCFP 687.

« Indécent, stupide et crétin » 

« C’est indécent, stupide et crétin », lance de son côté l’avocat et animateur de QUB radio François-David Bernier au sujet des événements qui ont été filmés en direct.  

Voie de fait armée, tentative de blesser autrui et agression sexuelle : tous ces chefs d’accusation pourraient être déposés contre l’un ou l’autre des individus fautifs, en fonction de leur implication dans les événements de ce week-end.  

L’intimidation pure et simple d’un journaliste est d’ailleurs lourdement punie par le Code criminel. Quiconque est reconnu coupable de cet acte est passible d’une peine maximale de 14 ans de prison. 

— Avec la collaboration de l’Agence QMI