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Pas question de fraterniser

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Photo AFP L’attaquant des Bruins de Boston Brad Marchand ne compte pas se faire de nouveaux amis lors de son séjour dans la bulle.

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Qui d’autre que Brad Marchand pour dresser un tableau de la vie en confinement. Il y aura 12 équipes dans chacune des villes hôtesses, 31 joueurs par formation, faites le décompte et vous obtenez 372 patineurs à Toronto et 372 patineurs à Edmonton.

Alors Brad, comment ça va se passer ? Vous allez côtoyer vos adversaires. Le lendemain d’un match, si vous habitez le même hôtel que la formation que vous avez affrontée la veille, allez-vous partager le petit déjeuner... tout au moins, allez-vous vous saluer dans le lobby ?

« L’idée première est d’apprendre à se détester le plus rapidement possible, » a-t-il répondu du tac au tac aux journalistes de Boston. Devait-on s’attendre à une autre réponse de la petite peste de la LNH ?

« D’aucune façon, je ne vais saluer un rival. Non. D’ailleurs, comment peux-tu fraterniser au lendemain d’un match âprement disputé ? Après tout, on compétitionne pour la Coupe Stanley, ce n’est pas le moment de faire du social. »

OK, Brad.  

Mais, si tu attends l’ascenseur et que des joueurs d’une équipe rivale en font autant, que feras-tu ?

« Je vais respecter la consigne du deux mètres (six pieds) sans dire un seul mot. Et, dans l’ascenseur ? Je n’y vois aucun souci... je vais attendre le prochain. »

Les joueurs n’ont pas tous le même caractère que Marchand. Sauf qu’il sera intéressant de voir comment ils se conduiront à l’intérieur de la « ville-bulle ». De prime abord, on ne prévoit aucun problème... et avec raison. Mais, on n’enlèvera jamais l’esprit compétitif des hockeyeurs surtout quand l’enjeu est la Coupe Stanley. On ne parle pas ici de quelques matchs du calendrier régulier.

Il va se produire assurément des incidents qu’on va chercher à cacher comme le fait si bien la Ligue nationale de hockey.

Domi et le 4e trio

J’aime bien la réaction de Claude Julien lorsqu’on l’invite à commenter la présence au centre de Max Domi sur le quatrième trio. En réalité, pour l’entraîneur, il n’y a pas de quatrième trio. Il y a une nuance entre quatre lignes d’attaque et un quatrième trio. « Ce qu’on recherche avant tout, c’est l’équilibre des forces. Quand tu affrontes une équipe comme les Penguins, tu as besoin d’un effort soutenu de chacun des joueurs. Tu as besoin de quatre lignes d’attaque qui donneront plusieurs options à l’entraîneur, surtout quand il n’aura pas le dernier mot au niveau des changements. Et, nous serons les visiteurs lors des deux premiers matchs d’une série de trois de cinq. »

Bien dit.

Et, le Canadien est-il une meilleure équipe avec quatre centres comme Danault, Suzuki, Kotkaniemi et Domi. Si vous aviez un choix à faire entre Domi et Nate Thompson qui jouait à cette position avant de quitter pour Philadelphie, à la fin de février, j’imagine que vous n’auriez pas trop d’hésitation...

Claude Julien s’assurera avant tout qu’il aura dans la mêlée les défenseurs les plus qualifiés pour affronter Crosby et Malkin – et vous les connaissez – il espérera ensuite que les attaquants sauront répondre aux attentes.

L’équilibre des forces avant tout.

Jouer pour gagner

Le bon vieux Lou Lamoriello, le grand décideur des Islanders de New York, a fourni une réponse intéressante quand on lui a demandé s’il croyait que le spectacle serait moins enlevant sans partisans dans les gradins. « Pas du tout. Garrit Cole, le lanceur des Yankees, a bien résumé la situation : il a dit qu’au départ, ça fait plutôt bizarre de jouer devant des gradins inoccupés. Mais, une fois que tu as effectué le premier lancer, c’est le même match de baseball. Tu joues pour gagner. Ce sera ainsi lors des prochaines semaines. Les joueurs vont disputer les matchs avec la même intensité. »

Il a parfaitement raison.