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Des Québécois sondés sur la vente de Transat... en anglais seulement!

L’Union européenne veut connaître l’impact qu’aurait la disparition du voyagiste

Les appareils de Transat ont repris le chemin des airs, jeudi dernier, après avoir été cloués au sol par la pandémie pendant quatre mois.
Photo courtoisie, Catherine Pleau, Transat Les appareils de Transat ont repris le chemin des airs, jeudi dernier, après avoir été cloués au sol par la pandémie pendant quatre mois.

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Des voyageurs québécois ont récemment eu la surprise de recevoir une invitation à participer à un sondage sur le projet d’achat de Transat par Air Canada, mais en anglais seulement.

« Le questionnaire est disponible en anglais, qui est la langue choisie par Air Canada pour la notification à la Commission européenne de son projet de rachat d’Air Transat », indique l’invitation.

Jointe par Le Journal, la Commission n’a pas voulu expliquer pourquoi elle n’avait pas jugé bon de traduire son sondage en français. L’organe exécutif de l’Union européenne compte pourtant le français parmi ses trois langues « procédurales », avec l’anglais et l’allemand.

Aucun droit de regard

Le transporteur montréalais a assuré n’avoir eu aucun « droit de regard » sur la langue du sondage, tout en soutenant que le document de notification déposé à la Commission européenne n’est pas « une communication publique de l’entreprise ».

Le sondage s’inscrit dans le cadre de l’enquête menée par la Commission sur la transaction proposée. 

Envoyé la semaine dernière à des milliers de personnes qui ont voyagé entre le Canada et l’Europe au cours des derniers mois, le sondage vise à établir l’impact potentiel d’un éventuel regroupement Air Canada/Transat sur les prix des billets d’avion et sur le choix de vols offerts.

Parmi les questions posées aux personnes sondées : auriez-vous accepté d’atterrir dans une autre ville si les tarifs avaient été trop élevés pour votre destination de prédilection ?

« La Commission européenne fait un examen beaucoup plus approfondi [de la transaction proposée] que le gouvernement du Canada », estime John Gradek, un spécialiste de l’aviation qui enseigne à l’Université McGill.

M. Gradek note que la Commission jouit d’une vaste expérience étant donné qu’elle s’est penchée sur plusieurs projets de fusion de transporteurs aériens.

Dans son rapport sur Air Canada/Transat, le Bureau de la concurrence du Canada fait état d’un sondage de voyageurs commandé par les deux entreprises, mais ne mentionne aucune étude semblable effectuée pour son propre compte.

Environ 25 000 adresses courriel

Pour permettre à la Commission européenne de mener son sondage, Transat lui a transmis les coordonnées d’environ 25 000 de ses clients européens et canadiens, a précisé hier un porte-parole, Christophe Hennebelle. Air Canada n’a pas voulu dire combien d’adresses de courriel elle a transmises à la Commission.

« Air Canada a reçu un ordre formel de la part de la Commission européenne de lui soumettre certaines informations. La Commission a le pouvoir législatif de contraindre cette communication. Ainsi, Air Canada est autorisée à transmettre certaines informations si requises par la loi, et cette transmission est en toute conformité avec les lois sur la protection de la vie privée au Canada et en Europe », a indiqué une porte-parole de l’entreprise, Pascale Déry. 

LA TRANSACTION EN QUELQUES DATES 

MAI 2019

Air Canada propose d’acheter Transat pour 520 M$

AOÛT 2019

Les actionnaires de Transat approuvent une offre bonifiée à 720 M$

MARS 2020

Le Bureau de la concurrence se dit préoccupé par la transaction

MAI 2020

La Commission européenne annonce une enquête « approfondie »

AUTOMNE 2020

Fin attendue des travaux de la Commission européenne