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François Dumontier: traité comme un moins que rien

Grand Prix du Canada
Photo Martin Chevalier Grand manitou du GP du Canada, François Dumontier a obtenu une réponse du parc Jean-Drapeau pour se faire dire que son plan déposé à... la Santé publique avait été refusé!

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L’annonce crève-cœur de l’annulation du Grand Prix du Canada confirmée vendredi par François Dumontier cache une affreuse nouvelle qui est passée inaperçue.

Commençons par la façon dont la Santé publique et ses deux dirigeants les docteurs Horacio Arruda et Richard Massé ont procédé. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que François Dumontier, le promoteur, a été traité comme un vaurien. Ça, on le savait déjà depuis que Camille Estephan tente de faire comprendre le bon sens aux deux patrons du Québec.

Dumontier ne veut pas mal faire paraître ses partenaires au gouvernement Legault. Il ne raconte pas tous les détails de l’histoire. Effectivement, son ministère responsable au Grand Prix, le Tourisme de Caroline Proulx, a bien fait les choses. Comme les Sports d’Isabelle Charest.

Mais pour le reste, Dumontier a déposé un plan de 101 pages pour la présentation du Grand Prix. Il a déposé son plan sanitaire aux deux ministères comme le prévoit le protocole. Document très étoffé, élaboré avec l’aide de la FIA et de la Formule Un. Moins de 24 heures plus tard, Dumontier recevait des confirmations des ministres Proulx et Charest que le document de 101 pages avait été bien reçu et transmis à la direction de la Santé publique.

FIN DES ÉMISSIONS

Fin des émissions ! Moins de quatre jours plus tard, Dumontier recevait une brève communication de la direction du parc Jean-Drapeau pour lui dire que le plan avait été refusé. Personne de la Santé n’a pris la peine de le contacter. Rien, nada. Le message était simple. Il n’était pas question de permettre à des spectateurs de se déplacer sur le circuit Gilles-Villeneuve même en nombre limité et en respectant la distanciation sociale. 

 Excusez, mais on parle du 11 octobre ! 

 Alors que la suspension de certains droits civiques des Québécois est censée prendre fin le 1er septembre. C’est du moins ce que dit la loi d’urgence permettant à la Santé publique de prendre toutes les décisions au Québec. 

 Le 11 octobre 2020 ! Ça veut dire que Horacio Arruda et Richard Massé ont déjà décidé qu’il ne se passerait rien le dimanche 11 octobre au Québec. Que les rassemblements seront interdits. Que les Québécois n’auront toujours pas le droit de se réunir.  

Il y a une logique dans la décision. On craint une deuxième vague meurtrière. De plus, il est certain que le 11 octobre, on n’aura pas encore mis en marché un vaccin permettant de mettre fin à la contagion par le coronavirus. 

Arruda et Massé favorisent le risque zéro s’il est possible. Ce sont des technocrates, c’est un réflexe naturel. 

PIS ? MES BILLETS DE SAISON ?

 Quand même, ça adonne mal. En même temps que j’apprenais que les regroupements seraient défendus au Québec le 11 octobre, je recevais un dixième courriel du Canadien. Va falloir que je prenne une décision. Est-ce que je prends le risque de renouveler mon abonnement de saison ? Déjà que le CH me doit encore 1500 $ pour les quatre matchs qui n’ont pas été disputés en mars dernier, est-ce que je vais leur envoyer un chèque de 16 000 $ sans avoir la moindre petite idée de ce qui va se passer ?

Parce que si le 11 octobre les deux patrons du Québec décident que des Québécois ne peuvent se réunir sur une île en plein air avec une brise fraîche d’automne pour balayer les virus, pourquoi Arruda et Massé permettraient-ils à des milliers de personnes de se regrouper au Centre Bell pour le Canadien ?

Parce que Shea Weber a envoyé des masques à François Legault ? Parce que Jonathan Drouin a fait acte de présence pour une activité promotionnelle pour la Santé publique à Montréal ?

La dette a déjà été remboursée puisque les joueurs du Canadien ont pu s’entraîner à volonté avec mises en échec et contacts répétés à Brossard. Alors que nos boxeurs et nos judokas sont encore confinés. 

Bon. Faut que je me décide. Ça fait 45 ans que j’ai mes abonnements. Des bons rouges sur la ligne bleue. Et puis, je sais que Geoff doit angoisser.

France-Margaret, mets-moi-les de côté, je vais être un loyal fefan...

Claude Poirier à la rescousse 

C’est le bonheur total. Depuis le temps que les joueurs du Canadien se servent des journalistes comme d’une excuse. Sont pourris et médiocres à cause des médias. Même Georges Laraque est tombé dans le panneau.

Y en a plus de médias avec le Canadien. Ou plutôt, y a plus de journalistes. Y en a plus d’excuses. Il reste les porte-parole de RDS, de TVA Sports et du 98,5, tous des détenteurs de droits et donc des partenaires du CH. Plus les sites appartenant au CH ou à Bell. Y a personne là-dedans qui va stresser nos p’tits gars.

Les autres, les journalistes qui seraient encore libres, sont contrôlés avec une habileté consommée par le CH. Et maintenant la Ligue nationale s’ajoute dans le décor. La COVID a le dos large.

Quand c’est rendu qu’un reporter chevronné demande qu’on lui réserve une page pour le joueur que le Canadien va amener aux médias après l’exercice, c’est le comble de tout. Le boutte du boutte. C’est le CH qui décide !

Ça va demander du courage aux patrons et aux journalistes encore indépendants du CH, mais il va falloir modifier la couverture du Canadien. En fait, puisqu’il n’y a pas d’opposition comme en politique pour dévoiler les secrets du gouvernement, comme le CH contrôle la télé et la grosse radio, va falloir couvrir le Canadien comme on couvre la mafia et le crime organisé. Ça va prendre un Bureau d’enquête...

On peut même demander à Claude Poirier d’organiser un séminaire...

10-4...