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Au bord des larmes, il s’excuse d’avoir «brimé» une journaliste

Jean-François Mongrain admet que son geste était déplacé

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Au cœur d’une tempête depuis deux jours, l’un des deux individus qui ont enlacé contre son gré une journaliste de TVA lors d’une manifestation anti-masque à Québec «s’excuse» et se dit ébranlé, mais assure qu’il ne voulait pas «brimer» la reporter.

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C’est un homme sous le choc et au bord des larmes que Le Journal a rencontré chez lui, hier, en fin de journée.

Dimanche midi, alors que la journaliste Kariane Bourassa était en direct, Jean-François Mongrain, accompagné d’un autre homme, s’est approché de la femme pour lui faire une accolade. Les deux hommes ne portaient pas de masque et n’ont pas respecté la distanciation physique. 

  • Écoutez l'entrevue de la chroniqueuse Sophie Durocher avec Vincent Dessureault à QUB Radio:  

« Accolade de fraternité »

Le geste, qualifié d’agression par plusieurs, a été largement condamné au cours des derniers jours, notamment par la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, qui a jugé le geste «inacceptable».

M. Mongrain dit qu’il n’aurait jamais cru que ce qu’il qualifie d’« accolade de fraternité » allait causer un tel fracas.    

  • Écoutez la chronique avec la psychologue et essayiste Rachida Azdouz, à QUB Radio:   

Peu avant les événements, le père de famille affirme avoir d’abord « défendu » la journaliste devant quelques manifestants qui se montraient agressifs envers les médias. « On venait de vivre un moment d’agressivité », explique M. Mongrain.

C’est ensuite que les deux hommes se sont spontanément dirigés vers la journaliste qui travaillait pour lui faire un « hug de fraternité ». Jean-François Mongrain assure ne pas connaître l’identité du second personnage.

Le Journal n’a pas été en mesure de confirmer l’identité de l’autre homme, qui habiterait à l’extérieur de Québec.

Pour sa part, Jean-François Mongrain travaille au ministère des Transports. L’employeur, qui «n’endosse pas le comportement du manifestant», a rencontré son employé et évalue la possibilité d’imposer des mesures administratives contre lui.

Jean-François Mongrain (à gauche)
Capture d’écran, TVA Nouvelles
Jean-François Mongrain (à gauche)

Un geste de « bonne foi »

Jean-François Mongrain assure qu’il s’agissait sur le coup d’un geste de « bonne foi ». « Je n’étais pas là pour la narguer, c’était un geste de fraternité, répète-t-il, je ne voulais pas que ça fâche. Ç’a fâché, je me suis excusé, j’ai assumé. »

Il comprend maintenant qu’il s’agissait d’un geste déplacé. « Je m’excuse, sérieusement. Je ne voulais pas la brimer, je voulais brimer personne. »

Il se dit aussi sensible à la vague de dénonciations qui a présentement lieu au Québec et assure comprendre que son geste, mêlé aux règles de distanciation, a provoqué toutes ces réactions.

« Avec les dénonciations, on s’entend pour dire que ce qui aurait été banal avant, maintenant, c’est non, on est rendu fragile sur ça, ce n’est pas juste la COVID. »

L’homme a reçu plusieurs menaces au cours des dernières heures. « Mon gars m’appelle : papa, qu’est-ce qui se passe ? », dit-il, la larme à l’œil.