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Journaliste de TVA enlacée: les deux manifestants visés par une plainte

Ils ont enlacé une journaliste de TVA lors d’un rassemblement dimanche

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Jean-Guillaume Tremblay et Jean-François Mongrain ont enlacé la journaliste Kariane Bourassa lors d’une manifestation dimanche

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L’affaire des agressions subies par des journalistes de TVA Nouvelles dans les manifestations antimasques du week-end dernier passe maintenant dans l’arène judiciaire.  

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Les deux individus qui ont enlacé contre son gré Kariane Bourassa sont visés par une plainte formelle de voies de fait déposée à la police de Québec mercredi.

Les faits reprochés se sont produits pendant une manifestation contre le port du masque obligatoire devant l’Assemblée nationale dimanche.

La journaliste, tenant dans une main son micro et un parapluie dans l’autre, était en pleine converse en ondes. Jean-François Mongrain et Jean-Guillaume Tremblay se sont présentés à ses côtés, puis l’ont enlacée inopinément.

Kariane Bourassa et son avocat René Verret se sont rendus dans les bureaux de la police de Québec, mercredi après-midi, pour rencontrer les enquêteurs. Une plainte formelle de voies de fait a alors été déposée contre les deux hommes.

M. Mongrain s’est excusé en entrevue au Journal mardi, tandis que M. Tremblay s’est refusé à pareil acte de contrition lorsque rencontré mercredi à Saguenay.

« C’est déjà arrivé que des gens s’en prennent à des journalistes, rappelle Me René Verret en entrevue au Journal. Pour nous, c’est important de dénoncer ces comportements qui sont tout à fait inacceptables. »

Samedi, le journaliste Yves Poirier avait aussi été la cible de manifestants antimasques, se faisant notamment lancer un contenant vide à la tête.

Jean-Guillaume Tremblay
Photo Jean-François Desgagnés
Jean-Guillaume Tremblay

Dans le camp des enquêteurs

La déposition d’une plainte constitue l’élément déclencheur du processus judiciaire. 

Le Code criminel identifie une situation où sont commises des voies de fait lorsqu’une personne « emploie la force, directement ou indirectement, contre une autre personne sans son consentement » de manière intentionnelle.

La balle est maintenant dans le camp des enquêteurs, dont le travail consistera notamment à rencontrer les deux hommes visés par la plainte et, s’il y a lieu, des témoins, explique Me Verret.

Une fois leurs démarches terminées, les policiers vont remettre le rapport d’enquête au DPCP, qui décidera si des accusations seront portées ou non.

Une personne qui est reconnue coupable de voies de fait peut écoper jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Si l’infraction est jugée par procédures sommaires, la peine maximale est plutôt de 18 mois de prison et d’une amende de 5000 $.

Jean-François Mongrain
Photo Stevens LeBlanc
Jean-François Mongrain

Arrestation d’un homme

Des centaines de messages haineux ont été envoyés à la journaliste dans les jours suivant la manifestation. Parmi les auteurs des messages, Guillaume Lagacé, un résident de Saint-Placide, dans les Laurentides, a été arrêté mardi soir par les policiers de la Sûreté du Québec pour des menaces faites sur les médias sociaux.

L’homme de 26 ans devrait faire face à deux chefs d’accusation de menaces et d’incitation à la haine.

Dans une publication qu’il a partagée mercredi avant-midi, Guillaume Lagacé ne s’est pas caché pour dire qu’il avait eu la visite des policiers vers 23 h 30 mardi.

L’homme semble visiblement prendre son arrestation à la légère puisqu’il écrit ensuite : « C’est rien d’inquiétant, ça fait partie du jeu de la société », accompagné d’un bonhomme sourire. Ces commentaires ont été effacés de sa page Facebook plus tard en journée.