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COVID: les vraies questions

Fran�ois Legault
Photo Pierre-Paul Poulin

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Vous savez ce qui est le plus désolant dans ces grotesques manifs antimasques qui défraient les manchettes depuis quelques jours ?

Pendant qu’une poignée d’enragés vomissent leur rage, intimident les journalistes et s’évertuent à véhiculer des théories aberrantes auxquelles même les endives ne croiraient pas si jamais les endives avaient un cerveau, on ne pose pas les vraies questions qu’on devrait poser concernant la gestion de la crise par notre gouvernement.

UN ENTÊTEMENT INCOMPRÉHENSIBLE

Car, oui, il y a des questions à se poser.

De vraies questions, qui concernent des faits dûment documentés, pas des histoires abracadabrantes de complots impliquant Bill Gates...

Par exemple...

Pourquoi, le 18 mars, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a-t-il dit aux Québécois de ne pas porter de masque ?

Monsieur Arruda n’a pas dit que le masque n’était pas aussi efficace qu’on le croyait.

Il n’a pas dit que le masque seul n’était pas suffisant pour se protéger.

Il n’a pas dit : « Vous pouvez porter le masque, pourvu que vous continuiez à vous laver régulièrement les mains et à respecter les consignes de distanciation sociale... »

Non.

Il a dit : « Ne portez pas de masque ».

On ne pouvait être plus clair. 

Vous me direz qu’en mars, on nageait en plein brouillard et que notre connaissance du virus n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Je vous rappellerai qu’en 2007, l’Institut national de santé publique du Québec affirmait que la meilleure façon de ralentir une pandémie était... de porter le masque !

« Bien utilisé, le masque devrait pouvoir réduire ou du moins ralentir la transmission du virus. Ceci pourrait permettre à une partie de la population d’échapper à une première vague et de gagner du temps en vue de recevoir le vaccin contre la souche pandémique... »

Alors, pourquoi cette obstination à dire aux gens de ne pas en porter ?

  • Écoutez la chronique de Richard Martineau à QUB Radio:

LA SOURDE OREILLE

Et hier, Radio-Canada a diffusé un reportage dévastateur sur monsieur Arruda. 

La société d’État a mis la main sur des courriels qui prouvent que contrairement à ce qu’il ne cessait de répéter, le directeur national de santé publique n’écoutait pas les recommandations de « son monde » (i. e. : la directrice de santé publique de Montréal, le directeur de santé publique de Québec et la vice-présidente aux affaires scientifiques à l’Institut national de santé publique du Québec) avant de prendre des décisions.

C’est ainsi que le 13 mars (cinq jours après son retour du Maroc), monsieur Arruda n’a pas tenu compte de l’avis de la directrice de santé publique de Montréal qui recommandait d’imposer rétroactivement la quarantaine à tous les employés du secteur de la santé qui avaient effectué un voyage à l’étranger pendant la semaine de relâche (du 2 au 6 mars) !

Monsieur Arruda lui-même ne s’est pas placé en isolement à son retour !

Combien de malades ou de résidents de CHSLD ont été contaminés par ces travailleurs qui revenaient tout juste de l’étranger ? 

Combien de morts on aurait pu éviter si cette recommandation avait été suivie par le Dr Arruda ?

On ne le saura jamais.

DES SOTTISES

C’est ce genre de questions qu’il faut poser ! 

Pas des sottises sur Bill Gates, le 5G et les puces destinées à suivre nos moindres déplacements.