/finance/stockx
Navigation

Les cours du pétrole chavirent, inquiétudes sur l’excédent d’or noir

Les cours du pétrole chavirent, inquiétudes sur l’excédent d’or noir

Coup d'oeil sur cet article

Londres | Les prix du pétrole subissaient un important excès de faiblesse, jeudi, dans le sillage des marchés boursiers, s’enfonçant un moment de plus de 5%, menacés par un déséquilibre entre une demande suspendue à l’évolution de la pandémie et une offre amenée à croître. 

Jeudi avant-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre valait 42,37$ à Londres, en baisse de 3,15% par rapport à la clôture de mercredi, après avoir atteint 41,38$ une demi-heure plus tôt.

À New York, le baril américain de WTI pour le même mois lâchait 3,73% à 39,73$, après être tombé à 38,72$.

«Les doutes sur la force de la reprise économique mondiale s’accentuent et les inquiétudes concernant l’offre excédentaire reviennent», a estimé Edward Moya, analyste de Oanda.

L’entrée officielle des États-Unis en récession et la dégringolade des marchés financiers ont été les éléments déclencheurs d’une brusque chute des cours du brut, déjà dans le rouge en début de séance européenne.

Le PIB des États-Unis a en effet accusé une baisse historique de 32,9% au deuxième trimestre, en rythme annualisé, sous l’effet de la pandémie de COVID-19, selon une estimation préliminaire du département du Commerce publiée jeudi.

Ce mauvais chiffre économique vient s’ajouter à celui du nombre record de morts de la COVID-19 aux États-Unis, qui a franchi mercredi la barre des 150 000.

«Le nombre de morts aux États-Unis suscite l’inquiétude de tous les marchés, notamment ceux des matières premières», avait estimé plus tôt dans la journée Bjornar Tonhaugen, analyste de Rystad Energy.

«Les investisseurs commencent maintenant à reconnaître que les nouvelles contaminations à la COVID-19 présentent un danger très réel pour la reprise de la demande de pétrole», avait-il ajouté, insistant sur le cas des États-Unis.

Devant ces signaux alarmants pour la demande de brut, les investisseurs se préparent au retour sur le marché d’une importante quantité de pétrole, à compter du 1er août, par les pays producteurs de l’OPEP+, qui pourrait ne pas trouver preneur, remplir rapidement les capacités de stockage disponibles et faire glisser encore davantage les cours.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés, dont la Russie, se sont mis d’accord, mi-juillet, pour alléger à partir du mois prochain les compressions historiques qu’ils réalisent dans leur production depuis le mois de mai.