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Manifestation antimasques: le SPVQ justifie sa non-intervention

Manifestation antimasques: le SPVQ justifie sa non-intervention
Photo Didier Debusschère

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La non-intervention des policiers auprès de centaines de personnes qui ont manifesté, dimanche, contre le port du masque en se moquant des règles de santé publique était justifiée, assure le directeur du Service de police de la Ville de Québec, Robert Pigeon.

Comme c’est le cas lors de chaque manifestation et avant chaque intervention, les policiers ont procédé à une évaluation du risque, a expliqué le chef du SPVQ. 

Le chef du SPVQ, Robert Pigeon
Photo d'arcihves, Simon Clark
Le chef du SPVQ, Robert Pigeon

Pour l’essentiel, une intervention policière auprès de ceux qui ne respectaient pas la distanciation physique ni le port du masque obligatoire aurait pu aggraver la situation, a laissé comprendre M. Pigeon, lorsque questionné à ce sujet en marge d’une conférence de presse, jeudi. 

«Il y a toute la complexité d’une intervention également face à un groupe comme ça, de 1000 personnes, où on pourrait nous-mêmes provoquer quelque chose au niveau sanitaire», a-t-il mentionné. 

Les manifestants étaient en mouvement autour de l'Assemblée nationale. «Le groupe bouge, parfois à l’intérieur de deux mètres, parfois pas», a-t-il aussi observé, ce qui aurait compliqué la tâche des policiers.

Une fois n'est pas coutume

Si les policiers se sont abstenus d’intervenir dimanche dernier, rien ne dit qu’ils feront de même si une autre manifestation du genre se reproduit, prévient le chef de police du SPVQ. 

«En réalité, c’est qu’à partir du moment où on était face à un groupe de personnes qui, de façon délibérée, mettent la vie des autres en danger, on ajoute une notion supplémentaire», a-t-il souligné. 

«On n’encourage d’aucune façon la tenue d’événements comme celui qu’on a vu dimanche, a-t-il insisté. Mettre la sécurité des gens en jeu, ce n’est pas quelque chose qu’on encourage.» 

Enlacée en direct

Le directeur du SPVQ a aussi assuré que ses policiers n'ont pas gardé les bras croisés lorsque la journaliste de TVA Nouvelles Kariane Bourassa s’est fait enlacer en direct, contre son gré, par deux manifestants antimasques. 

Jean-Guillaume Tremblay et Jean-François Mongrain ont enlacé la journaliste Kariane Bourassa lors d’une manifestation dimanche.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Jean-Guillaume Tremblay et Jean-François Mongrain ont enlacé la journaliste Kariane Bourassa lors d’une manifestation dimanche.

«On n’a rien laissé aller, s'est défendu M. Pigeon. Parce qu’avant même que Mme Bourassa ne porte plainte, on était déjà dans un processus d’identifier ces deux personnes-là.» 

Une plainte formelle de voies de fait visant Jean-François Mongrain et Jean-Guillaume Tremblay a finalement été déposée mercredi. 

En entrevue avec Le Journal, M. Mongrain s’est depuis excusé pour ce qu’il a qualifié d’«accolade de fraternité». M. Tremblay s'est, quant à lui, dit «désolé» que la journaliste «ait reçu cette preuve d’amour là comme une agression».