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Un défi hors du commun pour Nicolas Knap

Le nageur tentera de rallier L’Isle-aux-Coudres de Saint-Joseph-de-la-Rive

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Photographié à la baie de Beauport, où il s’est déjà élancé vers l’île d’Orléans à la nage, Nicolas Knap a hâte de voir comment son corps réagira aux caprices du fleuve Saint-Laurent entre Saint-Joseph-de-la-Rive et L’Isle-aux-Coudres.

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Le nageur Nicolas Knap n’a jamais eu peur des défis. Il en ajoutera un nouveau sur sa liste le 15 août prochain lorsqu’il tentera de ravir L’Isle-aux-Coudres à la nage dans des conditions extrêmes depuis Saint-Joseph-de-la-Rive, un exploit que personne n’a jamais accompli.

Avec près d’une centaine d’épreuves de nage en eau libre à son actif, dont la célèbre traversée de 15 km du détroit de Gibraltar l’an passé entre les continents européen et africain, le Français d’origine aura besoin de toute son expérience pour réussir son projet qui se veut un hommage à Jacques Amyot, pionnier du sport au Québec, et aux canotiers. 

Si la distance de 3,5 km n’est rien pour l’effrayer, la température glaciale oscillant entre 10 °C et 12 °C en été dans cette partie du fleuve Saint-Laurent et les courants marins rendront l’expérience complexe.

Nicolas Knap, qui sera épaulé par une équipe de quatre personnes de l’organisation de la Grande Traversée en canot à glace de Charlevoix, sautera dans l’eau sans combinaison thermique (wetsuit) afin que son exploit soit homologué par la Marathon Swimmers Federation. Il prévoit toucher le quai de L’Isle-aux-Coudres en une soixantaine de minutes. 

« Il faut partir confiant, mais on ne sait pas ce qui peut arriver. Mais comme je dis à tout le monde, c’est une expérience, mais en eau libre, vous avez beau être prêt, il peut arriver n’importe quoi ! » lance en souriant l’homme de 47 ans en entrevue au Journal sur le bord de la baie de Beauport.

« [...] Ce sont des courants très forts qui peuvent aller jusqu’à 10 km/h. Puis, il y a le trafic maritime et les traversiers, il faut jouer avec tout ça et c’est quelque chose de particulier. On ne peut pas faire ça tout seul. »

Premier nageur à réussir la traversée du lac Saint-Jean et premier Québécois à traverser la manche au milieu des années 1950, Jacques Amyot aurait tenté de se rendre à l’île sans succès dans les années 1960, selon les recherches de Nicolas Knap.

Risques d’hypothermie

L’idée a germé dans sa tête lorsqu’il vivait dans la région de Charlevoix. Citoyen de Québec depuis cinq ans, il se prépare en nageant en piscine une dizaine de séances par semaine « pour rattraper le retard » causé par la pandémie de COVID-19. Avant la réouverture des centres aquatiques intérieurs, il s’entraînait dans les lacs de la région et parfois même dans le fleuve.

Même s’il est habitué à nager dans l’eau froide, il est conscient que son corps pourrait flancher à tout moment et tomber en état d’hypothermie

« Ça peut arriver très rapidement et à l’improviste. On s’y prépare. J’ai l’habitude, mais je ne suis pas à l’abri de n’importe quoi. J’aime ça quand l’eau est un peu fraîche, mais comme tout le monde, je déteste prendre des douches froides ! Mais en milieu naturel, on n’a pas le choix et j’y vais », a-t-il mentionné.

Il n’était d’ailleurs pas question pour lui de revêtir la combinaison en néoprène qui est obligatoire depuis 2017 lorsque l’eau se situe entre 16 et 18 degrés dans les courses de la FINA.

« La vraie discipline, la natation en eau libre, c’est sans combinaison. Jacques Amyot n’avait pas de combinaison dans les années 1950 et 1960 », a soutenu Knap, qui souhaite en parallèle faire la promotion du sport.


Il sera possible de suivre en direct le déroulement de la traversée sur son site Internet grâce à une balise GPS.