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Après la pandémie, des travaux rendent la vie dure sur Cartier

Un chantier majeur complique l’accès à plusieurs établissements

Après la pandémie, des travaux rendent la vie dure sur Cartier
Photo Stevens LeBlanc

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Les commerçants d’une partie de l’avenue Cartier encaissent un deuxième dur coup après la pandémie avec les travaux majeurs qui paralyseront l’artère jusqu’à l’automne. 

Les importants travaux d’aqueduc de la ville de Québec, prévus depuis plusieurs mois, tombent à un mauvais moment pour les entrepreneurs du coin.

Après la pandémie, des travaux rendent la vie dure sur Cartier
Photo Stevens LeBlanc

Après des mois difficiles en raison de la pandémie, voilà que leurs commerces sont difficiles d’accès en raison de travaux s’étirant de mai à novembre.

«On est en pleine pandémie et en plus, il n’y a à peu près plus d’accès à notre porte, alors on fait comment», questionne Predrag Okuka, propriétaire du Café Castelo, situé en plein cœur du chantier.

Après la pandémie, des travaux rendent la vie dure sur Cartier
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«C’est comme si on se prenait une deuxième brique sur la tête».

L’entrepreneur se dit chanceux d’avoir diversifié son offre dans les dernières années, sinon pandémie et travaux auraient sonné le glas de son entreprise. «Et je suis certain qu’il y en a qui ne passeront pas au travers», admet-il candidement.

40 % à 50 % de pertes

Cyrice Vigneau, propriétaire de la Poissonnerie Poisson d’Or, anticipe une baisse de son chiffre d’affaires de 40 % à 50 %.
Photo Stevens LeBlanc
Cyrice Vigneau, propriétaire de la Poissonnerie Poisson d’Or, anticipe une baisse de son chiffre d’affaires de 40 % à 50 %.

Un peu plus loin, Cyrice Vigneau anticipe une baisse de son chiffre d’affaires de 40 % à 50 %.

Le propriétaire de la Poissonnerie Poisson d’Or en a aussi contre la décision de rendre le haut de l’avenue Cartier piétonne les week-ends, ce qui complique encore plus la vie de sa clientèle.

«J’ai des clients qui viennent de l’île d’Orléans ou de Stoneham, mais s’il y a les travaux d’un côté et la rue piétonne de l’autre, ils viennent comment ? Nous, on se retrouve pris dans le milieu de tout ça», déplore le poissonnier.

La propriétaire de la Tabagie Tremblay Cartier déplore aussi que l’accès soit compliqué.

«C’est sûr que le nombre de clients va diminuer», soutient Hao Jiang, rappelant que même si un échéancier est établi, les commerçants demeurent à la merci de tout imprévu sur le chantier. «On ne sait pas combien de temps ça peut durer».

Résilients

Les commerçants refusent toutefois de sombrer dans la déprime ou de lancer la pierre à la ville. Oui 2020 sera une année à oublier, mais ils espèrent que les problèmes seront derrière eux pour la suite.

De son côté, Jimmy Gobeil, copropriétaire du magasin Le Coureur nordique, dit aimer mieux que tout arrive en même temps pour avoir ensuite la paix.
Photo Stevens LeBlanc
De son côté, Jimmy Gobeil, copropriétaire du magasin Le Coureur nordique, dit aimer mieux que tout arrive en même temps pour avoir ensuite la paix.

«C’est un peu un mal pour un bien. J’aime mieux que tout arrive en même temps, mais qu’ensuite on ait la paix pour un bout», relativise Jimmy Gobeil, copropriétaire du Coureur nordique.

Le directeur général de la SDC Montcalm abonde dans le même sens. «On a convenu qu’on allait tout faire d’un trait [...] pour qu’on n’en parle plus une fois que c’est fini», explique Jean-Pierre Bédard.

Un programme d’indemnisation a aussi été mis en place pour tenter de compenser les pertes des commerçants.

«À date, toutes les informations concernant les compensations sont satisfaisantes», souligne quant à lui Andreas Papadeas, propriétaire du Mezzé Taverna Grecque. 

Des leçons tirées du fiasco de la route de l’Église     

La SDC Montcalm et les commerçants impactés par les travaux sur l’avenue Cartier sont rassurés de voir que la Ville de Québec semble vouloir éviter le cauchemar vécu l’an dernier par leurs homologues de la route de l’Église.

«La Ville a fait ses devoirs et semble bien consciente des ratés sur [la route] de l’Église», souligne le directeur général de la SDC, Jean-Pierre Bédard, à propos du chantier de l’été dernier qui avait été un cauchemar pour les commerçants du coin.

«Il y a une volonté que Cartier devienne en quelque sorte un projet laboratoire pour trouver des façons de diminuer les impacts sur les commerçants et les résidents», salue M. Bédard, malgré tout conscient des impacts négatifs sur les affaires de ses membres.

Communications efficaces

En plus des compensations financières, qui avaient été un enjeu largement débattu l’an dernier, des employés de la Ville de Québec sont disponibles en tout temps au chantier Cartier.

«Il y a un bureau de chantier de la Ville avec des employés municipaux présents pour donner de l’information en temps réel aux commerçants et résidents du coin», souligne la SDC Montcalm.

Et les travailleurs sont également plus sensibles à la réalité des commerçants en cette période difficile.

«Les gars sur le terrain, il n’y a rien qu’ils n’ont pas fait pour nous aider. Ils nous ont aidés à rentrer du stock pendant une livraison, ils nous ont construit des accès temporaires quand ils quittaient le soir, là-dessus je ne peux pas me plaindre», raconte le propriétaire du restaurant Le Mezzé, Andreas Papadreas.

Impacts moindres cette année

Alors qu’à pareille date l’an dernier ils vivaient un cauchemar, les commerçants de la route de l’Église affirment que les impacts des travaux actuels sur le boulevard Hochelaga sont bien moindres. Et ils ont eux aussi observé des changements dans l’attitude de la Ville.

«Au fil des mois, avec l’aide d’organisations, de journalistes qui ont rapporté les difficultés, il y a eu beaucoup d’écoute et des modifications qui ont été apportées dans la gestion des travaux cette année», confie Christian Laliberté, propriétaire de la librairie La Liberté, saluant ces changements.

«Au moins, quand on a le sentiment d’être écouté et que les gens essaient de trouver des moyens pour adapter les choses pour faciliter la traversée de ces travaux, c’est apprécié».