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Yvon Michel s’en sort avec une suspension de 15 jours

La Régie des alcools, des courses et des jeux a été clémente à cause de la COVID-19

GEN - CAUSE DU GROUPE YVON MICHEL, GYM
Photo Martin Alarie Yvon Michel à la sortie d’une audience de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), en février dernier.

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Le Groupe Yvon Michel l’a échappé belle. La Régie des alcools, des courses et des jeux l’a blanchi de trois infractions sur quatre, mais suspend toutefois son permis durant 15 jours pour un combat arrangé, ce qui est illégal au Québec.

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Le Groupe Yvon Michel (GYM) est sanctionné pour avoir présenté un combat « d’exhibition », à titre caritatif, entre l’ancien combattant d’arts martiaux mixtes Patrick Côté et l’homme fort Hugo Girard, le 20 septembre 2019, au centre Pierre-Charbonneau à Montréal.

La Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) dit avoir envisagé une sanction de 30 jours, mais elle l’a réduite de moitié étant donné les dures circonstances qu’impose la pandémie aux organisateurs de sports de combat.

On le voit ici lors d’un gala de boxe auquel des membres du crime organisé ont assisté directement dans la zone sécuritaire.
Photo courtoisie
On le voit ici lors d’un gala de boxe auquel des membres du crime organisé ont assisté directement dans la zone sécuritaire.

GYM a aussi dû se défendre d’avoir toléré des membres en règle des Hells Angels dans sa zone sécurisée, en principe strictement réservée aux organisateurs.

La décision du tribunal administratif confirme l’incident. « Pendant le gala, Yvon Michel est assis devant une rangée occupée presque complètement par des personnes identifiées aux motards hors-la-loi », mentionne la décision.

Une erreur de la Régie

Qu’à cela ne tienne : le jugement conclut que GYM a vendu ces billets en vertu d’un plan de salle que la RACJ a elle-même approuvé « par erreur », souligne la décision.

Le directeur des services à la clientèle, Mario Lacroix, a même déclaré que la Régie « assume sa responsabilité ».

Une fois sur place, les Hells Salvatore Cazzetta, Salvatore Brunetti, Yvon Tanguay, Stéphane Plouffe, David Lefebvre et Vincent Boulanger ont donc pu assister tranquilles au gala, puisque la Régie a décidé de ne pas intervenir.

Le responsable des sports de combat, Michel Hamelin, s’est même assis à côté d’Yvon Michel et « jamais il ne l’a prévenu de la présence de membres du crime organisé dans le périmètre de sécurité ».

Même le patron, Mario Lacroix, a décidé de ne pas intervenir « pour des raisons de sécurité ». Selon ses déclarations, il a toutefois alerté la police.

Le patron de GYM assure quant à lui « ne pas avoir remarqué la présence de motards, assis tout juste derrière lui ».

« On pourrait s’en étonner, stipule la décision. Yvon Michel a beaucoup d’expérience---, il connaît l’ensemble des acteurs de cette industrie et il connaît son public. Il sait que les Hells Angels s’intéressent à la boxe [...] »

La RACJ reprochait aussi à GYM d’avoir confié à un individu arborant des tatouages des Hells la surveillance des « ring girls », ces jeunes femmes en petite tenue qui animent la foule entre les rounds.

Tatouages ailés

Or la Régie a fait comparaître un certain Éric Rémillard, qui dit être l’agent en question. Il a arboré ses tatouages : ce sont plutôt des ailes avec le nom de ses enfants.

L’inspecteur qui l’aurait vu n’a toutefois pas pu confirmer qu’il s’agissait bien du même homme, car il n’était pas dans la salle lors de l’audience.

La Régie écarte aussi l’accusation d’avoir servi de prête-nom pour New Era Fighting, la compagnie qui a organisé le gala du 20 septembre avec GYM. 

  • En ce moment, la Santé publique interdit la tenue de galas de sports de combat.