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Peut-on en vouloir aux jeunes?

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À l’adolescence, on cultive une certaine naïveté. Et c’est tant mieux. N’est-ce pas le propre de cet âge béni que d’avoir l’impression d’être immortel ? Dans la tête de plusieurs jeunes, la maladie, ça arrive juste aux autres.

Invincibles 

Quand j’étais ado, on diffusait à la télé les vidéos de vrais accidents de voiture, le plus souvent causés par la vitesse ou l’alcool. On nous bombardait de photos de jeunes physiquement détruits par les drogues dures.

Cette époque a aussi concordé avec l’arrivée, sur les paquets de cigarettes, d’images de poumons noircis et de patients en phase terminale d’un cancer de la gorge.

Tous ces sparages avaient un but commun : nous faire prendre conscience des risques encourus si l’on adoptait certains comportements. Le côté graphique de la chose réussissait en général à refroidir nos ardeurs... pour un temps.

Ils ne se sentent pas concernés

Quand je lis un peu partout que les jeunes sont responsables de certains cas de transmission de la COVID-19 parce qu’ils se réunissent et font le party, je trouve ça choquant. Mais peut-on vraiment leur en vouloir ?

Depuis le début de la pandémie, on répète ad nauseam que les risques de mortalité et de complications menacent majoritairement les personnes âgées.

Alors, même si le gouvernement Legault délie les cordons de la bourse afin de convaincre cette folle jeunesse qu’elle peut non seulement transmettre la maladie, mais également développer des complications, ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre.

On a beaucoup parlé de la COVID dans les médias, mais on a peu montré d’images de gens intubés qui se battent pour leur vie. Personne ou presque, dans la population, n’a entendu le son que fait un humain quand il se noie dans ses sécrétions.

Peut-être que c’est ça que ça prendrait pour que certains jeunes cessent de croire que la COVID n’est qu’une légende urbaine.