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La télé des derniers mois

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Les derniers mois n’ont rien eu d’ordinaire. La pandémie a complètement changé nos habitudes, nous a heurtés dans notre confort, a entraîné des deuils, des peurs. La télévision en a été témoin et continue de nous tenir informés au quotidien. Les derniers mois n’ont rien eu d’ordinaire et le petit écran s’est adapté pour répondre présent et continuer à nous accompagner. Résumé de quelques tendances des derniers mois.

On s’invite chez les invités

Incontestablement, les plateformes de vidéoconférence ont connu une ascension massive. Si Facetime, Skype, Zoom se sont invités dans vos 5 à 7, ils contribuent aussi à faire de la télévision en confinement comme en distanciation. 

Ça va bien aller
Photo courtoisie
Ça va bien aller

À TVA, Ça va bien aller, qu’ont animé Fabien Cloutier et Marie-Soleil Dion, a rapidement instauré cette proximité en rejoignant chaque soir les artistes chez eux. Nous avons même souvent été témoins de la dynamique familiale chez Marie-Soleil. Actuellement, ces plateformes permettent aux collaborateurs de Sucré salé de rejoindre des artistes hors de la ville. Et parfois même quelques internationaux qui auraient dû être de passage chez nous.

Bonsoir, bonsoir
Photo courtoisie
Bonsoir, bonsoir

Tous les soirs, Bonsoir bonsoir à Radio--Canada rejoint aussi des invités au moyen de ces plateformes. Jean-Philippe Wauthier peut ainsi prendre un café avec nos aînés connus sans qu’ils aient à se déplacer ; ou des nouvelles de francophones hors Québec ou hors pays. Et c’est toujours par vidéoconférence qu’il demande à des invités ce qu’ils font avant de se coucher. La connexion n’est pas toujours optimale et donne lieu à des moments d’improvisation que l’on pardonne aisément.

Les services des nouvelles carburent aussi à la vidéoconférence. Encore plus qu’avant. Infoman a même trouvé le moyen d’analyser les décors des commentateurs politiques dans une de ses émissions. Un moment assez savoureux. C’est le moyen de rejoindre médecins et infectiologues. Tous n’ont pas la même habileté à placer la caméra à leur avantage. Ça aussi, c’est pardonné. 

Le contenu plus que le contenant

L’utilisation nécessaire de la vidéo-conférence nous a rendus plus tolérants. Le confinement aussi. Si quelques gérants d’estrade persistent, d’autres se sont tus lorsque tout le monde a été privé de coiffeur. L’apparence de nos vedettes prend parfois, malheureusement et sans raison, des proportions démesurées sur les réseaux sociaux. Plusieurs ont toutefois souligné l’importance du contenu de nos émissions. Dans les derniers mois, nous avons voulu nous divertir, mais surtout nous informer. 

Bonsoir Bonsoir n’est pas dans son décor habituel ? Pas grave. On aime les entrevues qui laissent plus de place à un réel échange. Sucré salé s’est trouvé un magnifique décor dans un grand hôtel de la ville mais, distanciation oblige, on limite les activités et les stunts. Pas grave. Encore là, ce sont les échanges qui nous séduisent cette saison. 

Sucré, salé
Photo courtoisie
Sucré, salé

Le direct est de mise

Dans une ère où l’information va vite et où les changements, développements, revendications, manifestations se bousculent, il n’y a rien de mieux que le direct. Tout le monde en parle en est un bon exemple. En offrant son rendez-vous en direct, l’équipe s’assurait d’être au cœur de l’actualité. 

Tout le monde en parle
Photo courtoisie
Tout le monde en parle

Pendant le confinement, les points de presse quotidiens de François Legault et du docteur Arruda ont rallié, sur les différentes chaînes d’information, jusqu’à 2,5 millions de téléspectateurs. Un rendez-vous qui dépasse même les plus grandes émissions de variétés et les meilleures fictions. 

Les points de presse quotidiens de François Legault et du docteur Arruda
Photo d'archives, Didier Debusschère
Les points de presse quotidiens de François Legault et du docteur Arruda

Chez nos voisins du sud, on remarque aussi une croissance en popularité des talk-shows de fin de soirée, qui misent sur l’actualité. Stephen Colbert diffuse depuis plusieurs semaines son Late Show de chez lui... en gougounes ! Pour la première fois de son histoire (à Colbert) et pour la première fois depuis 1994, CBS remporte la meilleure cote d’écoute en fin de soirée. The Late Show a même supplanté The Tonight Show par plus de 1,55 million de téléspectateurs, selon la firme Nielsen (15 mai 2020) avec des cotes de 3,6 millions. Pas mal pour une émission diffusée à 23 h 30 !

The Late Show
Photo courtoisie
The Late Show

Les chaînes spécialisées trouvent de nouveaux spectateurs

La pandémie a été profitable pour la plupart des chaînes spécialisées qui étaient débrouillées pendant le confinement. Sans grande surprise, sans école, les enfants ont regardé presque 20 % plus de télévision que d’habitude. Les chaînes jeunesse ont vu leurs cotes bondir de 38 %. L’intérêt grandissant des Québécois pour la cuisine a aussi aidé certaines chaînes. 

Du côté des chaînes d’information continue, LCN a connu une hausse vertigineuse de 140 %. ICI RDI a rejoint, entre la mi-mars et la mi-juin, 6,6 millions de téléspectateurs (Numéris). Une hausse comparativement aux 4,9 millions de l’année précédente pendant la même période. Mis à part les chaînes sportives qui recommencent tranquillement à pouvoir diffuser des matches, toutes les chaînes ont pu, jusqu’au 30 juin, séduire de nouveaux abonnés. L’automne nous dira si, à long terme, la pandémie leur aura été bénéfique. 

Chose certaine, les Québécois ont regardé 3 heures de plus par semaine de télévision ce printemps. Du côté des Américains, c’est 8 heures de plus par semaine qu’ils ont passé devant leur télé. 

Coup de pouce nostalgique

Les reprises sont traditionnellement au rendez-vous durant la saison estivale. Mais cette année, plus que jamais, les reprises sont venues à la rescousse de plusieurs chaînes. En sport notamment, alors que nous avons pu nous replonger dans une époque où le Canadien gagnait en regardant de vieux matches de hockey même en connaissant l’issue ! Le retour de Catherine sur Prise 2 a suscité beaucoup d’enthousiasme, tout comme le retour espéré des Invincibles sur ICI TOU TV. Moi et l’autre et Du tac au tac connaissent un beau succès à ARTV, 40 ans après leur création. 

Les images « maison »

Seuls ensemble
Photo courtoisie
Seuls ensemble

Nous aimons des images léchées. Surtout en fiction. La concurrence est grande, étant donné toutes les séries qui nous sont proposées. Mais nous sommes devenus plus tolérants pendant la pandémie. Notre besoin de voyager, de voir « l’ailleurs » et notre consommation boulimique parfois des réseaux sociaux nous a habitués à voir des images dites « maison ». Avec Seuls ensemble, diffusé sur TV5, Pierre-Yves Lord nous a fait voyager grâce aux yeux et aux images de ses invités qui nous ont donné des nouvelles du monde. L’expérience vaut mieux, dans certains cas, que l’esthétique.

Le streaming connaît une hausse majeure

Depuis le mois de mars, les plateformes de visionnement en continu ont connu une augmentation de 35 % (sondage comcast). Dans son premier rapport trimestriel de l’année publié en avril, Netflix annonçait 16 millions de nouveaux abonnés entre janvier et mars. La plateforme prévoit une hausse de 7 millions entre avril et juin. Bref, malgré la multiplication des plateformes, les spectateurs sont plus que jamais au rendez-vous. Bien que l’écoute en rafale soit en hausse pendant la journée, c’est surtout en soirée que les Canadiens dévorent les contenus.

Un journalisme de proximité en distanciation

Ce que l’on retient des derniers mois sur nos ondes, c’est le travail titanesque des journalistes qui ont été sur tous les fronts. S’ils ne sauvent pas des vies, ils nous permettent d’être informés et d’être, je l’espère, de meilleurs citoyens. 

Ici, le ton a changé. Les chefs d’antenne ont cherché à comprendre, se sont fait à maintes reprises la voix du public, se sont indignés. Aux États-Unis, les interventions des frères Cuomo sont devenues virales. Chris, animateur à CNN, affecté par la COVID-19, a continué à animer son émission quotidienne depuis son sous-sol, évoquant les ravages de la maladie. Chaque jour, il interviewait Andrew, gouverneur de l’État de New York, au pire de la crise. Des échanges marqués par leurs combats personnels livrés avec beaucoup d’authenticité.

Cuomo Prime Time
Photo courtoisie
Cuomo Prime Time

Les derniers mois ont non seulement été marqués par la pandémie, mais aussi par bon nombre d’événements que les journalistes ont dû rapporter avec rigueur. Des événements souvent bouleversants. D’abord tous ces morts partis seuls, tous ces enfants et ces proches qui tentaient d’avoir des nouvelles ou de saluer leurs pairs confinés, il y a eu les soulèvements populaires contre le racisme, des manifestations qui, chez nos voisins du sud, ont pris des proportions démesurées devant le manque de compassion, de discernement et d’intelligence de leurs dirigeants. Puis il y a eu enlèvement d’enfants et chasse à l’homme. Et il y a la vague de dénonciations. 

Bref, depuis mars, les journalistes sont sur le terrain et, malgré la distanciation, nous rapportent des faits, à échelle humaine.