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La téléréalité amoureuse élargit son spectre

Love on the Spectrum
Photo courtoisie, Netflix

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D’Alerte Amber au Bon docteur, en passant par Autiste, bientôt majeur et Apprenti autiste, la télévision accorde une plus grande place aux personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme depuis quelques années. Love on the Spectrum s’inscrit dans cette lignée. Lancée sur Netflix, cette téléréalité explore avec sincérité et sensibilité l’univers déroutant des rencontres entre jeunes adultes autistes.

Offerte en version originale anglaise avec sous-titres français, cette série documentaire australienne accroche un sourire au visage durant cinq épisodes. Remplie de bons sentiments, elle brosse le portrait de personnes autistes qui cherchent à rencontrer l’âme sœur.

On est loin des jeux de séduction calculés d’Occupation Double. Et c’est tant mieux.

Au premier épisode, on s’attache immédiatement à Michael, un grand gaillard de 25 ans qui rêve de mariage. Son humour vous charmera après quelques secondes seulement. Quand une conseillère en relations lui demande la différence entre l’amour et l’amitié, il répond : « Une copine, c’est plus sérieux, c’est plus intime, et avec elle, on peut avoir les mains baladeuses. »

On retient également la présence de Chloe, une bisexuelle de 19 ans qui n’a jamais été amoureuse, et Maddi, qui cherche un gars « musclé et riche... avec un six pack ». Cette dernière provoque les rires chaque fois qu’elle lance ses commentaires délicieusement francs, mais quand sa mère refoule ses larmes en disant qu’elle craint qu’elle finisse « toute seule », notre cœur se brise un peu.

Love on the Spectrum
Photo courtoisie, Netflix

Sans faux-semblant

Love on the Spectrum (Histoires d’amour et d’autisme) brosse également le portrait de Ruth et Thomas, deux amoureux qui habitent ensemble depuis quatre ans. Elle collectionne les cartes professionnelles ; il conduit un autobus.

Leur chimie est indéniable. Et leur candeur l’est encore plus. Devant l’objectif, ils s’expriment sans faux-semblant­­­. La preuve ? Ce court échange capté la première fois qu’on fait leur connaissance et qu’on leur demande de qualifier leur union.

– Lui : « C’est agréable, chaleureux, confortable et stable. »

– Elle : « On est à l’aise de péter devant l’autre. »

Love on the Spectrum
Photo courtoisie, Netflix

Bémol

La critique a bien accueilli Love on the Spectrum. The Guardian parle d’une série réjouissante et chaleureuse, et CNN la qualifie d’« antidote » aux autres téléréalités amoureuses hébergées par Netflix, comme Love is Blind et Too Hot to Handle.

La Fédération québécoise de l’autisme la voit aussi d’un bon œil. Joint au téléphone, son directeur général, Luc Chulak, indique qu’elle suscite de bons commentaires, mais qu’elle déçoit légèrement en présentant uniquement des relations amoureuses entre personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

« Des personnes autistes peuvent aussi être en couple avec des personnes neurotypiques », rappelle M. Chulak.

Effet domino

Love on the Spectrum s’ajoute aux émissions mettant de l’avant des personnes souffrant d’un TSA. Au cours des dernières années, leur nombre a connu une forte progression. Auparavant presque invisibles en ondes, elles sont dorénavant représentées dans plusieurs types de productions.

En fiction au Québec, on pense immédiatement à Alerte Amber, une série suivie par 1 525 000 personnes l’automne dernier, à TVA. À l’étranger, on recense The Good Doctor (ABC), The A Word (BBC) et Atypical (Netflix).

En documentaire, Télé-Québec a récemment­­­ proposé Apprenti autiste, avec Louis T. ICI Tou.tv présente la série On change d’air, avec Patricia Paquin et Louis-François Marcotte, dans laquelle ils ouvrent Chez Cheval, un café qui favorise l’insertion professionnelle de jeunes autistes.

Et impossible de passer sous silence Autiste, bientôt majeur, sur MOI ET CIE, un docu-réalité fort apprécié des téléspectateurs qui dépeignait le quotidien de familles de jeunes autistes qui approchent l’âge adulte. Une deuxième saison est d’ailleurs attendue prochainement.

« C’est quelque chose qu’on voyait rarement avant, observe Luc Chulak. Des films ont été produits sur l’autisme. On en parlait dans des émissions de temps en temps. Mais aujourd’hui, on trouve des séries complètes là-dessus. Ça crée un effet domino. Ça interpelle d’autres diffuseurs à faire pareil. On peut dire que c’est inusité. »


Histoires d’amour et d’autisme (Love on the Spectrum) est diffusé sur Netflix. En version originale anglaise avec sous-titres en français.