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Odeur de remaniement

Bill Morneau
Photo AFP Bill Morneau

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Le ministre des Finances Bill Morneau sera-t-il sacrifié dans la foulée du scandale WE Charity ?

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Les appels à sa démission se multiplient depuis qu’il a révélé la semaine dernière avoir voyagé sur le bras de cet organisme controversé en 2017.

Une révélation qui n’a pas du tout plu au premier ministre Justin Trudeau et son entourage, qui n’étaient apparemment (étonnamment !) pas au courant.

Déjà lui-même empêtré dans un scandale éthique, M. Trudeau n’avait pas besoin que son ministre des Finances jette de l’huile sur le feu. Ce sera peut-être la goutte de trop.

L’affaire WE Charity a déjà commencé à plomber les appuis du PLC dans les intentions de vote. 

Le gouvernement peut-il réellement se permettre que le premier ministre et son ministre des Finances, les deux personnes les plus influentes du gouvernement, traînent autant de casseroles éthiques ?

Les libéraux font de l’urticaire chaque fois que le scandale des commandites est évoqué, ce qui a été le cas beaucoup trop souvent à leur goût dans les dernières semaines. 

Confiance

La machine à rumeurs concernant un éventuel remaniement ministériel va bon train à Ottawa. Des noms circulent au sujet de remplaçants potentiels aux Finances.

M. Morneau est un homme sympathique et affable qui a réussi en affaires. En revanche, la politique n’a jamais semblé l’intéresser plus qu’il ne le faut. 

Il se dégage chez lui un certain détachement par rapport à la chose publique. Rarement l’a-t-on entendu parler avec passion de politiques élaborées par son bureau. 

Peut-être se satisfait-il de répondre aux ordres venant du bureau du premier ministre, réputé centralisateur ?

M. Morneau possède une fortune familiale considérable qui se compte en centaine de millions $.

Il peut faire sans son salaire de député. Et le gouvernement Trudeau, celui de « la classe moyenne », pourrait se passer d’un richissime ministre des Finances.  

À savoir si son départ aiderait à rétablir le lien de confiance avec l’électorat, c’est une autre histoire.