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Le cancre

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Depuis le début de la pandémie, certains ministres ont été sous pression. De tous les membres du gouvernement Legault, celui qui se tire le plus mal d’affaire — et qui a été malencontreusement épargné par le remaniement —, c’est toutefois le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge. Il travaille pourtant très fort pour passer inaperçu. 

Où est le plan ? 

Cette semaine, en Ontario, le gouvernement Ford a présenté son plan de retour en classe. Le personnel enseignant devra porter masque et visière et les élèves devront porter le masque à partir de la 4e année. Les écoles accueilleront des groupes de 15 élèves, en alternance.

N’en fallait pas plus pour que tout le Québec se demande où était donc le plan du ministre Roberge. On se demandait où était le ministre lui-même, en fait.

L’affaire, c’est que le plan a déjà été présenté en juin. Pas de masque, pas de visière, retour à temps complet pour tout le monde, dans des groupes divisés en bulles de six élèves qui sont séparées entre elles par un mètre. Difficile de croire que cela pourra s’appliquer dans le concret.

Ordre et contre-ordre

L’autre problème, c’est que le ministre a tellement habitué son réseau depuis le début de la pandémie à ce que chaque ordre soit infirmé par un contre-ordre, que personne n’a pris son plan au sérieux lorsqu’il a été présenté. Au vu de l’évolution de la situation, notamment de la publication d’études indiquant que les enfants sont plus contagieux qu’on ne le pensait, tout le monde convient qu’une mise à jour ou à tout le moins une confirmation devrait être offerte.

Mais le ministre n’est pas là. Le serait-il, sans doute qu’il en profiterait pour envoyer promener les profs ou les directions d’école, ou les partis d’opposition tant qu’à y être, comme il en a l’habitude.

Un ministre qui n’est pas cru est cuit. Jean-François Roberge n’a pas la note de passage depuis le début de la pandémie et il devrait redoubler son année.