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L’homme qui n’aimait pas gouverner

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Le premier ministre, Justin Trudeau, alors qu’il comparaissait devant le Comité permanent des finances à propos de l’affaire WE Charity, jeudi.

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En se présentant au comité parlementaire chargé d’enquêter sur WE Charity, Justin Trudeau a mis au jour ses pires défauts comme premier ministre. 

Pire, il les a revendiqués comme preuve de son innocence.

Il en résulte une image peu reluisante du rôle de premier ministre. 

Vive les grands principes, les slogans, les beaux discours, mais sans plus. La minutie des décisions ne semble pas l’intéresser.

Qui décide ?

Le demi-million de dollars à sa mère et à son frère, les voyages de son épouse, du ministre des Finances n’ont rien à voir avec l’octroi d’une bouée de sauvetage à WE Charity en pleine pandémie, a martelé Justin Trudeau.

C’était la seule option possible selon la fonction publique.

Il se targue même d’avoir été assailli par le doute le 8 mai, demandant à ses fonctionnaires de refaire leurs devoirs. 

Pourtant, le résultat sera le même : une bouée de sauvetage pour WE Charity en pleine tourmente.

Or, quelles questions ont été posées ? Quelles voies de remplacement ont été envisagées ? Quelles vérifications précises pour s’assurer que cet organisme aussi populaire que nébuleux était le mieux équipé pour gérer jusqu’à 912 millions de dollars ?

Pas un mot du premier ministre là-dessus. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Pas un mot, non plus, sur pourquoi WE Charity a continué à travailler sur le programme et à être rémunéré même si le premier ministre avait mis les freins sur l’octroi du contrat ? 

Tout au plus, sa chef de cabinet, Katie Telford, a admis qu’on aurait dû poser plus de questions.

Or, poser les bonnes questions, c’est ça, gouverner.

C’est aussi remettre en question une logique aussi simpliste et paresseuse que : c’est WE Charity ou rien.

C’est s’intéresser aux détails.

C’est aller au-delà des mots.

Toutes des choses que le gouvernement Trudeau ne s’est pas donné la peine de faire.

Qui est responsable ? 

Morale de l’histoire, 35 000 jeunes seront privés d’une bourse d’études pour leur bénévolat parce que le gouvernement a bâclé la mise en œuvre du programme.

Un ministre des Finances qui oublie de rembourser 41 000 $ en frais de voyage, ce n’est pas grave. 

Pas grave non plus, un premier ministre qui nage dans l’ignorance, une ministre de la Jeunesse qui brille par son incompétence.

Car au pays de Justin Trudeau, personne n’est tenu responsable.

Au pays de Justin Trudeau, on passe toujours l’éponge. Comme dans SNC, comme face aux Autochtones, comme face aux changements climatiques.

Au pays de Justin Trudeau, ce sont les grandes idées qui comptent, pas leur mise en œuvre.