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Masque: le nouveau défi des danseuses nues

Masque: le nouveau défi des danseuses nues
Joël Lemay / Agence QMI

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De rares bars de danseuses accueillent toujours les clients quelques semaines après avoir obtenu l’autorisation de rouvrir dans l’agglomération montréalaise. 

Ce type d’établissement n’a aucun passe-droit de la Santé publique. Les clients doivent circuler avec leurs masques et ne peuvent l’enlever qu’à la table. Le lavage des mains est obligatoire et la distanciation physique doit être respectée entre les danseuses et les clients.

Les danseuses peuvent enlever la totalité de leurs vêtements...à l’exception du masque bien évidemment.

«Les filles dansent sur un stage à plus de six pieds de distance et doivent porter le masque», a fait savoir le propriétaire du Cabaret Les Amazones, Peter Sergakis.

Masque: le nouveau défi des danseuses nues
Joël Lemay / Agence QMI

Selon nos observations, à Montréal, seuls le Cabaret Les Amazones, situé sur la rue Saint-Jacques et le Sexe Mania, sur la rue Ontario, accueillent des clients.

Sur la Rive-Sud, le Bar Zipper à Saint-Hyacinthe est ouvert. Le Bar Vegas à Longueuil fera de même sous peu. À Laval, les clients peuvent aller dans six établissements.

Au Cabaret les Amazones sur la rue Saint-Jacques, à Notre-Dame-de-Grâce, les danses dans les isoloirs sont interdites. Les danseuses peuvent danser, mais doivent garder la distance de deux mètres. Aucun contact n’est toléré, a mentionné M. Sergakis.

Masque: le nouveau défi des danseuses nues
Joël Lemay / Agence QMI

Certains, comme le Cabaret Kingdom sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, ont préféré refermer lorsque le gouvernement a interdit aux bars de vendre de l’alcool après minuit.

«Le fait d’interdire aux Nightclub (sic) de vendre de l’alcool après minuit nous maintient malheureusement dans l’obligation de demeurer fermer due [sic] à l’impossibilité d’être rentable, car 80 % de nos ventes se réalisent après minuit», a écrit le propriétaire sur la page Facebook du Cabaret Kingdom.

Au bar de danseuses nues Le Champion, situé sur le boulevard des Laurentides à Laval, les danses dans les cabines ont subi quelques modifications. La fille danse à l’intérieur, le client lui à l’extérieur et est assis sur une chaise, a-t-on expliqué, tout en précisant qu’une distance de deux mètres les sépare.

Sécurité

La journée de vendredi sera difficile à oublier pour Gabrielle, prénom qu’elle utilise sur scène au bar Champion. Celle-ci retournait sur scène après quelques mois d’absence, en arborant le masque.

«On aimerait bien que notre client voie notre sourire. Ça fait partie de notre personnalité le visage, mais avec les yeux, le client peut voir que j’ai un sourire», a soutenu Gabrielle. Elle s’est réjouie du comportement des clients lors de cette soirée.

«[Ils] sont quand même très polis et comprennent la situation, a-t-elle ajouté. Ceux qui ne comprennent pas s’en vont. La plupart restent, car ils veulent nous encourager et [...] veulent que le bar reste ouvert. Au moins, ils peuvent jaser et prendre un verre.»

Ces mesures, strictement respectées, réconfortent le client, croit-elle. «Je pense que les gens sont contents des protections, a-t-elle dit. Il y en a qui sont peureux et ne viendraient pas sinon.»

Que ce soit au Bar Le Champion ou au Cabaret les Amazones, la police a inspecté les lieux, a-t-on indiqué. M. Sergakis a même ajouté que des inspecteurs de la CNESST ont mis les pieds dans son établissement.

Du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux, on a précisé que «si les danseuses sont à moins de 2 mètres, par exemple pour les danses en isoloir, le port du masque de procédure et de la protection oculaire est obligatoire. Si ces conditions ne peuvent être respectées, la danse ne peut avoir lieu».

Revenus diminués

L’interdiction de vendre de l’alcool après minuit dans leurs établissements fait mal aux bars de danseuses, a dit le gérant du bar Champion, Daniel, qui donne seulement son prénom. «Ce n’est pas moi qui fais les comptes, mais ça doit juste payer les dépenses. S’il y a du profit, ce n’est pas grand-chose», a-t-il tenu à préciser.

La diminution importante du nombre de clients par soir, réduit de 75 % au Bar Le Champion, démotive certaines danseuses à aller danser et complique alors leur recrutement.

«Les filles ça ne leur tente plus...La fille va faire 80 $ par soir alors qu’avant elle en faisait entre 300 et 400. Ce n’est vraiment plus pareil. C’est vraiment rough», a ajouté Daniel. Entre deux et quatre filles travaillent par jour, comparativement à une douzaine avant la pandémie. Au Cabaret Les Amazones, trois fois moins de filles y dansent toujours.

«S’il n’y a pas de filles, les clients s’en vont et on ne fait pas d’argent, a mentionné Gabrielle. On ne fait pas de gros salaires, nous sommes tous des travailleurs autonomes.»