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La baballe

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Depuis son élection et en amont, avant même qu’il ne fasse connaître ses ambitions présidentielles, en fait, on a beaucoup devisé à propos des facultés mentales de Donald Trump.

Généralement, on dit qu’il est fou. D’autres fois, qu’il est dément, sénile, voire analphabète. D’autres personnes, toutefois, voient chez lui un génie. Un maître de la stratégie, qui comprend les passions des masses et sait les utiliser.

Personnellement, je pense qu’il est fou. Je pense aussi qu’il est génial. À sa façon...

Plongée historique 

Prenez juste jeudi dernier. Dès l’aurore paraissent des chiffres qui annoncent que l’économie américaine a effectué une plongée historique vers la récession. En rythme annualisé, la production de l’économie américaine aurait reculé de 32,9 %. On n’a jamais vu ça, et on ne reverra plus ça.

Que fait le Donald, probablement assis sur son gros bol de toilette en or à la Maison-Blanche ? Il gazouille sur Twitter que les élections pourraient être reportées.

Que fait tout le monde, dès lors ? Il ne parle plus de la volée historique que l’économie américaine est en train d’encaisser, alors que sa bonne santé a toujours constitué l’un des meilleurs indicateurs pour prédire le résultat d’une élection à venir. On parle plutôt de la volonté de Trump de reporter les élections... ce qu’il ne peut pas faire, accessoirement.

Donner du gaz 

C’est comme ça que Donald Trump fonctionne depuis le début. Il voit l’opinion publique comme un chien. Quand celui-ci est aux aguets, il lance la baballe dans l’autre direction pour détourner son attention. Va chercher ! Et ça marche à tous les coups, même après plusieurs années.

Les médias, aux États-Unis comme ailleurs, se sont beaucoup demandé comment couvrir Trump à l’ère des fake news. Pas simple...

Un bon début, toutefois, ce serait de donner du gaz à chacune de ses tentatives de diversion. En somme, parler du bilan de la pire présidence de l’histoire américaine, plutôt que des flatulences cérébrales de son porte-étendard.