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L’achat local, un tonic très efficace

Le mouvement lancé par le gouvernement Legault a revigoré le fabricant de boissons pétillantes 1642

Bastien Poulain et Mélanie Mamet
Photo Ben Pelosse Le fondateur de l’entreprise 1642, Bastien Poulain, avec dans une main des bouteilles de son très populaire tonic.

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Au début de la crise de la COVID-19, les perspectives s’annonçaient sombres pour le fabricant de boissons pétillantes 1642. Avec la fermeture des bars et des restaurants, c’est plus de 30 % de son chiffre d’affaires qui s’est évanoui d’un coup.

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C’est alors que le gouvernement de François Legault a incité les consommateurs à consommer localement.

« Ç’a été le déclencheur de la reprise pour 1642, raconte Bastien Poulain, le fondateur. Le téléphone s’est mis à sonner. Nos partenaires, Métro et IGA, ont mis de l’avant nos produits sur les tablettes et dans leurs circulaires, et ce, sans frais. Les consommateurs ont répondu à l’appel, et les commandes ont déboulé. »

De nouveaux clients

On dit que les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules... 

D’autres détaillants ont mis en place des initiatives d’achat local, dont Maxi qui a offert à 1642 de faire un test avec son fameux tonic.

« On s’attendait à recevoir une commande de 10 caisses. Finalement, la demande a été de plus de 900 caisses ! C’est le plus gros bon de commande que nous ayons reçu à ce jour », raconte Bastien Poulain qui a alors contacté en urgence son embouteilleur, Vergers Paul Jodoin, de Saint-Jean-Baptiste, en Montérégie.

« Ils ont fait preuve de flexibilité pour modifier leur production, ce qui nous a permis de livrer à temps. »

Depuis le 3 juin, 1642 est aussi présent dans 15 succursales Couche-Tard.

« Si le test est concluant, nous pourrions rentrer dans plus de 400 magasins au Québec à la mi-juillet. »

Autre nouveauté : les sodas et tonics de la PME vont bientôt se retrouver dans les paniers des Fermes Lufa. Enfin, grâce à Sobeys, 1642 fera une première percée en dehors du Québec alors que ses produits seront bientôt offerts dans 200 magasins en Ontario. 

Montagnes russes

Ces dernières semaines, Bastien Poulain et son associée, Mélanie Mamet, ont donc vécu un « ascenseur émotionnel » quand ils ont d’abord craint de devoir mettre la clé dans la porte pour ensuite enregistrer des records de vente.

« En avril, la hausse a été de 100 % et de plus de 130 % en mai, précise-t-il. C’est une chose de remplir le circuit de distribution, mais si le produit reste sur les tablettes, on n’est pas plus avancé. C’est la réponse des consommateurs qui contribue à la vélocité des ventes. »

1642 (qui rappelle l’année de fondation de Montréal) s’est d’abord fait connaître avec ses sodas, dont son cola comportant un soupçon de sirop d’érable, lancé en 2015. Elle a depuis élargi sa gamme de produits avec des tonics et des mixers qui se démarquent bien de la concurrence. 

« Notre tonic est le moins sucré de sa catégorie. Avec la montée en popularité des cocktails à base de gin, il est apprécié des consommateurs », explique Bastien Poulin. Dès les débuts de son entreprise, le Breton d’origine a choisi de privilégier l’utilisation d’ingrédients d’ici et la fabrication locale.

« C’est parfois difficile de transmettre l’impact réel sur l’économie que peut avoir le fait de consommer québécois. En tant que fabricant, on soutient plus de 400 emplois chez l’ensemble de nos fournisseurs. Comme entrepreneur, c’est ça qui me drive ! »

Conserver ses acquis

Le défi sera de conserver cette nouvelle clientèle dans l’après COVID-19. Bastien Poulain reste confiant et croit que les nouvelles habitudes de consommation sont là pour rester. En attendant, il a décidé de soutenir à son tour sa communauté. À partir du 15 juin, 1642 et Maxi vont remettre 1 $ pour chaque pack de quatre tonics vendu à la Fondation Martin Matte. 

« Les fondations sont limitées actuellement dans leurs activités de financement. Cela avait du sens de redonner. »