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Revenir sur terre

L'amerrissage de SpaceX
Photo AFP L'amerrissage de SpaceX

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Pour SpaceX, c'est un amerrissage couronné de succès du côté du golfe du Mexique.

Il y a 45 ans que des astronautes n’avaient pas effectué un retour sur terre en amerrissant. 

On a vu quatre parachutes flotter au-dessus de la mer comme des méduses volantes qui ondulaient et semblaient descendre tout en douceur. La capsule a plongé dans un immense «splash», comme au temps des missions Apollo

Le «Joker» va pouvoir claironner que c’est sous son règne que l’industrie aérospatiale américaine reprend du gallon. Plus besoin des Russes et de leurs fusées d’atterrissage. 

On n’a pas fini de le voir se péter les bretelles comme s’il avait lui-même inventé le procédé. 

Heureux astronautes qui ont échappé à deux mois de pandémie. 

Comme nous aimerions, nous aussi, redescendre doucement en flottant en apesanteur sur la terre d’avant... D’avant cette saleté de coronavirus! 

Replonger dans notre vie. 

Quand on avait une job, lorsque notre entreprise fonctionnait et était rentable. Ces jours où on sortait comme on voulait pour aller où on voulait: au restaurant, à un spectacle, au cinéma. 

Cette époque encore récente où on prenait l’avion pour partir au bout du monde. Du temps où on n’avait pas peur d’aller à l’hôtel. 

Tiens, juste quand on se rendait à l’épicerie sans se soucier d’avoir un masque à portée de la main. On entrait dans un commerce sans avoir à attendre, à faire la file. Rappelez-vous, on ne passait pas notre temps à s’enduire les mains de gel désinfectant. 

On dirait qu’il y a des années de ça. 

Récemment sortie de chez moi, le nez en l’air, les mains dans les poches, arrivée devant la porte de la pharmacie, j’avais oublié mon masque... Une absence? 

Sans doute la tête ailleurs, dans l’espace-temps. Les clients qui entraient le masque au visage m’ont ramenée bien vite à la réalité. 

Une réalité qui pèse par moments. 

On remarque une tendance à occulter le simple fait que tout ne fonctionne pas comme il y a 6 mois. Plusieurs ont perdu des emplois, fermé des entreprises ou devront se résoudre à le faire bientôt. 

Des entreprises parfois trop difficiles à réaménager et à opérer en respectant les consignes. Ou auxquelles les semaines de fermeture auront porté un coup fatal. On oublie que des gens doivent se recycler dans un autre domaine parce qu’ils ne réussissent plus à gagner leur vie comme avant... 

Avant... Il y a de quoi rêver d’y revenir, comme des astronautes en planant au-dessus des flots pour amerrir dans un monde sans pandémie.