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Le tramway, un «colosse au pied d’argile»

Un organisme propose un tunnel sous le quartier Saint-Roch pour éviter une «ligne orange» à Québec

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Le passage du tramway sous terre doit se prolonger sur 600 mètres, pour rallier le Grand Théâtre au pôle d’échanges Saint-Roch, sans quoi le réseau se trouvera les mains liées pour adapter son offre dans les prochaines décennies, clame l’organisme Vivre en Ville.

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Le tracé actuel du projet prévoit que les rames du tramway seront en mode souterrain du Grand Théâtre jusqu’au bas de la côte d’Abraham.

Les rames sortiront de l’embouchure aux abords du parc Jean-Paul-L’Allier, pour ensuite emprunter la rue de la Couronne.

La deuxième partie des audiences publiques du BAPE, qui visent à récolter opinions et recommandations sur le projet de tramway à Québec, s’est poursuivie mardi soir.
Photo Simon Clark
La deuxième partie des audiences publiques du BAPE, qui visent à récolter opinions et recommandations sur le projet de tramway à Québec, s’est poursuivie mardi soir.

Or, l’organisme propose plutôt que le tracé passe sous le quartier Saint-Roch, pour aller rallier le pôle d’échanges.

Pour ce faire, le tunnel devrait être prolongé d’environ 600 mètres, précise le directeur général de Vivre en Ville, Christian Savard.

Il fera valoir cette position mercredi dans le cadre de la deuxième partie de l’audience publique sur la construction du tramway.

Sans ce changement, M. Savard se dit « inquiet » pour la pérennité du réseau et pour son efficacité à desservir de grands événements comme le Festival d’été de Québec.

Selon lui, une unique embouchure au pied de la côte d’Abraham créerait « un goulot d’étranglement », qui empêcherait toute bonification du réseau pour s’adapter en fonction du développement de la ville et de l’achalandage, entre autres.

« S’il y a un endroit où on peut se retrouver avec une situation comme une ligne orange, c’est cet endroit-là », désigne Christian Savard, en référence à la forte saturation observée pendant les heures de pointe sur cette ligne du métro de Montréal.

Photo Simon Clark

Coût pas évalué

Le prix qu’il en coûterait pour emprunter une nouvelle direction n’est pas évalué. « C’est sûr qu’on dépasserait l’enveloppe actuelle », admet cependant M. Savard.

Le coût, c’est l’un des aspects sur lesquels ont accroché les commissaires du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), mardi, lors de la présentation de l’ingénieur Robert Vanderwinkel.

Le commissaire Pierre Renaud et la présidente Corinne Gendron ont notamment remis en question les estimations pour le coût par kilomètre de celui qui milite pour que le projet soit transformé en métro dans son entièreté.

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« Ça va être un colosse, mais qui a un pied d’argile pour l’instant. [...] Tant qu’à faire un tramway qui va coûter des milliards, il faut prendre les bonnes décisions immédiatement », répond pour sa part Christian Savard au sujet du dépassement de coût à prévoir si sa proposition était adoptée.

Vivre en Ville propose que la circulation automobile reste condamnée sur la rue de la Couronne, supposée accueillir le tramway, pour plutôt en faire un « transit mall ». On veut ainsi faire partager l’artère entre autobus, cyclistes et piétons.

Abandon du trambus critiqué

Les audiences publiques ont par ailleurs été marquées mardi par de nombreuses critiques au sujet de l’abandon du projet de trambus.

Photo Simon Clark

« C’est une perte importante » sur le service projeté, et le trambus « devrait être maintenu », a plaidé Émilie Frémont-Cloutier du Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec.

Selon l’organisme Trajectoire Québec, « la camisole de force budgétaire imposée au projet par les autorités politiques en affecte la qualité », a fait valoir son président, François Pépin.

— Avec la collaboration de l’Agence QMI