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Frappée par la résilience du peuple libanais

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Une travailleuse humanitaire montréalaise de la Croix-Rouge basée au Moyen-Orient depuis des années est frappée par la résilience des Libanais, déjà atterrés par les multiples crises qui se succèdent et se chevauchent au pays.

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« C’est comme un mauvais sort, comme si on s’acharnait sur ce pays », souffle Violaine Des Rosiers, représentante de la Croix-Rouge canadienne au Moyen-Orient, dépêchée à Beyrouth depuis 3 semaines pour remplacer un collègue en vacances. 

La guerre civile libanaise qui a écorché le pays de 1975 à 1990 a fortement ébranlé sa structure. 

En défaut de paiement sur sa dette publique depuis le début du mois de mars, le pays connaît aujourd’hui la pire crise économique de son histoire.

Atteindre le pire

« Cinq minutes avant que la déflagration détruise mon appartement, situé à 5 kilomètres du port de Beyrouth, j’étais au téléphone avec une collègue de Montréal. Je lui disais que le Liban avait atteint le pire. Puis... tout a explosé ! » raconte Mme Des Rosiers. 

« Il y a beaucoup de solidarité dans les communautés, constate la travailleuse humanitaire. Les gens ont besoin de se retrouver. Bien sûr qu’ils vont accepter l’aide internationale, mais le peuple libanais sait comment se relever d’une telle crise. »

Celle qui a vécu le tremblement de terre à Haïti en 2010 s’est rapidement dégagée des fenêtres, par réflexe. « J’attendais la deuxième secousse, mais c’était un autre genre de vibration », signale-t-elle.  

Du jamais vu

« Il y a plus de 20 ans que je travaille pour la Croix-Rouge, dans des pays souvent en guerre, et je n’ai jamais vu ça », poursuit Mme Des Rosiers.

Le souffle des déflagrations a été ressenti jusqu’à l’île de Chypre, à environ 200 km de là.

« La nature de l’explosion est très différente d’une bombe ou d’une mine, nuance Mme Des Rosiers. On cherche souvent à pointer un responsable, mais ce qui est arrivé demeure un désastre naturel. »

La commotion serait comparable à celle vécue par les citoyens de Lac-Mégantic en 2013, « mais multipliée par 500, voire même 1000 », dit-elle.