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La déléguée Fatima Houda-Pepin se fait montrer la porte à Dakar

En fin de compte, la désormais ex-déléguée générale du Québec à Dakar, Fatima Houda-Pepin, aura effectué un mandat presque aussi court (septembre 2019 à août 2020) que celui d’André Boisclair à New York (novembre 2012 à septembre 2013).
Photo d'archives, Simon Clark En fin de compte, la désormais ex-déléguée générale du Québec à Dakar, Fatima Houda-Pepin, aura effectué un mandat presque aussi court (septembre 2019 à août 2020) que celui d’André Boisclair à New York (novembre 2012 à septembre 2013).

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Le gouvernement Legault a finalement montré la porte à la déléguée générale du Québec à Dakar, Fatima Houda-Pepin, huit mois après avoir été mis au parfum d’une crise interne et de dépenses irrégulières.

Dans un communiqué diffusé vendredi matin, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) a dit avoir mis fin au mandat de Mme Houda-Pepin le 6 août dernier, à la suite d’une « procédure administrative ».  

« Les détails de cette décision administrative sont confidentiels. [...] Un processus de remplacement sera entrepris sous peu afin de désigner la personne qui succédera à Mme Fatima Houda-Pepin », a précisé le ministère.

Cette décision a aussi été prise « en raison d’une incompatibilité entre le travail qui était demandé à Mme Houda-Pépin et la vision que cette dernière en avait », s’est-on limité à dire au cabinet de la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

Crise interne

En février dernier, le premier ministre François Legault avait indiqué que le MRIF avait entrepris des vérifications après avoir été mis au fait, en début d’année, d’une crise interne au sein de la délégation à Dakar.  

Plusieurs congédiements et démissions ont d’ailleurs suivi l’arrivée en poste de l’ex-députée libérale de La Pinière dans la capitale du Sénégal, en septembre 2019.

On lui reprochait notamment de résider dans un hôtel à environ 200 $ la nuit plutôt que d’habiter sa résidence officielle à Dakar, dont le loyer payé par les contribuables était de 13 800 $ par mois. 

Selon ce qu’a pu apprendre notre Bureau parlementaire, à la mi-février, Mme Houda-Pepin a finalement quitté son hôtel après que l’affaire eut fait les manchettes.

Elle a cependant emménagé dans un nouvel appartement de fonction dont le loyer mensuel se chiffre à environ 8 900 $.

Le PQ réclame des comptes

« C’est encore le cas d’une nomination politique qui tourne au vinaigre », a réagi le porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Joël Arseneau.

« Ce qu’on apprend, c’est que les contribuables paient le prix fort pour une nomination politique partisane de la Coalition avenir Québec qui a mal tourné », a-t-il poursuivi.

Selon lui, la gravité de la situation commande au gouvernement de rendre compte de toute l’information dont il dispose sur les dépenses et les agissements de Mme Houda-Pepin.

« Et quelle image ça donne du Québec à l’étranger ... C’est pitoyable, c’est lamentable », a ajouté l’élu des Îles-de-la-Madeleine, qui se demande s’il s’agit d’un cas isolé dans le réseau de représentations du Québec.  

Quelques exemples de dépenses

Hébergement à l’hôtel 

  • Décembre 2019 : 3355 $
  • Janvier 2020 : 2278 $
  • Février : 3605 $ (18 nuitées)

Loyer et frais d’entretien de la nouvelle résidence occupée à la mi-février

  • 8900 $ par mois

Autres dépenses remboursées à la déléguée lors du seul mois de février

  • Repas : 1200 $
  • « Petites dépenses » : 400 $

Après sa nomination en septembre 2019, les contribuables lui ont payé :

  • Un voyage de familiarisation à 3900 $
  • Ses frais de déménagement totalisant 6800 $
  • 5740 $ en mobilier après l’arrivée de nouveaux employés

Sources : ministère des Relations internationales et de la Francophonie

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