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COVID-19: la ministre Danielle McCann doit répondre de sa gestion de la pandémie, dit le PLQ

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Danielle McCann, ex-ministre de la Santé.

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Écartés en juin, l’ex-ministre de la Santé Danielle McCann et son sous-ministre doivent venir témoigner de leur gestion de la pandémie à l’Assemblée nationale, affirme le Parti libéral du Québec.

«Les parlementaires de tous les partis ont fait preuve d’unité pendant la crise et le premier ministre nous répétait qu’on ferait le bilan après. Maintenant qu’est venu le temps des bilans, le premier ministre a choisi délibérément de soustraire les deux principales personnes qui ont pris des décisions, avec les conséquences que l’on connaît», dénonce la critique libérale en matière de santé, Marie Montpetit.  

Aux premières loges de la crise à titre de ministre de la Santé, Danielle McCann est devenue une figure familière des Québécois lors des points de presse quotidiens du premier ministre François Legault, auxquels elle participait aux côtés d’Horacio Arruda.  

Mais elle a depuis perdu ses fonctions à la faveur d’un remaniement ministériel et occupe désormais le poste de ministre de l’Enseignement supérieur. Son sous-ministre de l’époque, Yvan Gendron, a également été dégommé. 

«Je trouve que c’est une tactique très lâche de la part du premier ministre d’avoir fait un remaniement juste avant que les personnes qui étaient en poste aient à répondre aux questions des parlementaires», s’indigne Mme Montpetit.  

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«Un des pires bilans mondiaux»

Le PLQ demande donc que Mme McCann et M. Gendron témoignent lors de l’étude des crédits, qui débutent dans deux semaines à Québec. L’exercice, qui a été reporté au mois d’août, cette année, en raison de la pandémie, est souvent l’occasion pour les parlementaires de cuisiner un ministre sur son bilan de l’année précédente.  

Pour Marie Montpetit, le nouveau titulaire de la Santé, Christian Dubé, et sa sous-ministre, Dominique Savoie, pourront facilement éviter les questions sur le bilan du gouvernement. «Deux des principales personnes qui peuvent donner des réponses ne seront pas là, souligne-t-elle. Ce n’est pas M. Dubé ou Mme Savoie qui vont pouvoir répondre aux questions sur les quatre derniers mois.»  

Et les interrogations sont nombreuses: disponibilité du matériel de protection pour les travailleurs de la santé, transfert de personnel entre les CHSLD, etc. «On veut [que l’ex-ministre] vienne nous répondre sur les décisions qui ont été prises, ou non, qui font qu’on a un des pires bilans mondiaux», dit Marie Montpetit.  

Précédent en France

En France, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a récemment témoigné devant une commission d’enquête parlementaire sur la COVID-19, même si elle a quitté ses fonctions à la mi-février. Les parlementaires ont notamment pu la questionner sur la gestion des stocks de matériel de protection en prévision de la pandémie.  

Un exercice similaire au Québec permettrait de mieux se préparer à une éventuelle deuxième vague, fait valoir la critique libérale. «C’est aussi par respect pour les 5685 personnes qui sont décédées», ajoute-t-elle.  

Mais le gouvernement Legault estime que Mme McCann a déjà répondu à de nombreuses questions, notamment lors d’interpellations à l’Assemblée nationale, et n’entend pas soumettre son ex-ministre de la Santé à un nouvel examen des parlementaires. «Nous n'avons eu aucune demande en ce sens des libéraux, souligne une attachée de presse du bureau du premier ministre. L'exercice se fera, comme par le passé, par le ou la ministre en poste au moment de l'étude des crédits.»