/auto/columnists
Navigation

Traverser le pays au volant d'un vieux bazou

Tout récemment, j’ai réalisé un vieux rêve de jeunesse. Je me suis procuré une Volkswagen Rabbit GTI de 1984, petit bolide qui m’a toujours plu.

Traverser le pays au volant d'un vieux bazou

Coup d'oeil sur cet article

Tout récemment, j’ai réalisé un vieux rêve de jeunesse. Je me suis procuré une Volkswagen Rabbit GTI de 1984, petit bolide qui m’a toujours plu, et ce, depuis ma tendre enfance. Pour sa simplicité, son dynamisme et sans doute parce qu’à l’époque, cette voiture faisait même mordre la poussière à des Camaro Z28!

Évidemment, ces voitures se trouvent aujourd’hui très difficilement, surtout dans un état acceptable. Et lorsque l’une d’elles se retrouve sur le marché, les prix s’enflamment à des niveaux ridicules. J’ai donc réussi à mettre la main sur l’une de ces voitures. Condition ordinaire, mais disons qu’il sera possible de la sauver. Le seul hic, c’est qu’elle se trouvait à Vancouver. À l’autre bout du pays.

À LIRE AUSSI: De Vancouver à Montréal dans une vieille Volkswagen

À LIRE AUSSI: 9 conseils pour un roadtrip mémorable

L’option la plus logique aurait été de faire appel à un transporteur pour rapatrier la voiture chez moi, mais ma folie et mon désir d’aventure avec cette voiture m’ont donné l’idée de la conduire sur plus de 4 000 kilomètres. Le vendeur, bien que réticent à l’idée, m’assure donc que la voiture est en état de le faire et que hormis des maux de dos, je ne devrais pas avoir d’embûches.

De solo à trio

Un soir, j’évoque donc cette idée loufoque à des deux amis, qui me disent aussi vouloir vivre cette aventure. En moins de 48 heures, ils avaient chacun ciblé une vieille voiture à vendre dans l’Ouest canadien, choisissant conséquemment de faire comme moi, et de se prendre un billet d’avion, direction Vancouver.

À peine quelques heures après avoir mis le pied en Colombie-Britannique, mes amis et moi avions déjà pris possession de la Rabbit et d’une Honda Civic 1991. Une voiture qui évoque des souvenirs à tous et qui dans le cas de mon ami, image l’époque de sa rencontre avec sa conjointe. Parce qu’on le sait, la folie de se procurer de vieilles voitures est souvent attribuable à la nostalgie. Pas seulement au plaisir de les conduire.

La prochaine étape de ce périple nous amènera ensuite à Edmonton pour l’achat de la troisième voiture, une Honda Civic CRX de 1987. Pour ce faire, la traversée des rocheuses fut une expérience mémorable.

Paysages féériques, changements drastiques de température et dénivellations sévères allaient agrémenter le plaisir au volant. Malheureusement, un petit impact entre la Civic et un bébé ours surgi de nulle part allait venir gâcher une partie du plaisir. Difficile de savoir ce qu’il est advenu de l’ours en question, avec lequel l’impact a tout de même été violent. Or, celui-ci s’est poussé dans les bois, la Civic n’ayant pour sa part subi que des éclats de peinture au pare-chocs.

Au lendemain, et après être passé par la très belle région de Jasper, nous nous retrouvons à Edmonton. Nous réalisons rapidement que le vendeur de la CRX, qui n’était déjà pas très collaboratif par contact électronique, avait omis de nous dire que la voiture ne fonctionnait pas bien. Et puisqu’il nous restait encore 3 600 kilomètres à parcourir, prendre une telle chance était risquée. Heureusement, la débrouillardise de son acheteur et l’aide de multiples vidéos YouTube allaient nous permettre de déceler le problème. La CRX fut donc achetée à rabais. S’en est suivie une séance de plusieurs heures de réparation dans le stationnement d’un magasin de pièces, avant de statuer que la voiture avait finalement le rendement qu’elle devait avoir.

Pendant ce temps, un alignement et le remplacement des pneus par un jeu supplémentaires qui était fourni avec la Rabbit étaient de mise. Quelques ampoules remplacées sur la Civic ainsi qu’un petit détour au lave-auto allaient également faire partie de cette pause de 24 heures, précédent le vrai défi. Traverser l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et surtout, l’Ontario, pour finalement se rendre à destination.

De retour à la maison

Hormis deux pare-brise éclatés et une crevaison sur la Rabbit, les embûches ne furent que minimes. Certes, la traversée de l’Ontario fut pénible et ennuyante, ce qui explique pourquoi nous avons d’ailleurs choisi de parcourir la quasi-totalité de cette province en une seule journée. Départ de l’hôtel à 4h30 le matin pour arriver à Rouyn-Noranda à 21h30. Le tout sur des routes d’arrière-pays nous faisant passer par Kapuskasing, Timmins et une foule de villages fantômes.

Rendues à destination, les trois voitures doivent maintenant passer le test de l’inspection mécanique. Une formalité pour les deux Honda, mais un sérieux défi pour la Rabbit qui, comme toutes les Volkswagen de l’époque, présente quelques problèmes électriques. Et puis, il lui faudrait certainement un pare-brise.

Somme toute, une très belle aventure qui nécessitera certes l’intervention d’un chiropraticien, mais qui nous a fait découvrir à quel point le Canada est immense. Et à ceux qui croient que le paysage n’est charmant que dans les Rocheuses, détrompez-vous. Il n’y a en fait qu’une partie du Manitoba et l’Ontario qui nous fait sombrer dans l’ennui. Surtout, l’Ontario, puisqu’il s’agit en quelque sorte de près de la moitié du trajet total.