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Le fondateur de Juripop entend se défendre

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Le président fondateur de Juripop Marc-Antoine Cloutier, qui a démissionné vendredi en raison d’une allégation d’inconduite sexuelle à son endroit, a l'intention de se défendre et de prouver qu'il n'a jamais posé de geste sexuel non désiré, a appris TVA Nouvelles.

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Vendredi, dans une déclaration officielle, Me Cloutier disait déjà n’avoir rien à se reprocher, affirmant «avoir respecté le principe et la pratique du consentement». Il ajoutait qu’il démissionnait pour protéger la réputation de l’organisme qu’il a fondé.

Samedi, une source contactée par TVA Nouvelles a indiqué que l’avocat refuse que sa réputation soit ternie et qu’il entend se défendre jusqu’au bout.

Toujours selon des informations obtenues par TVA Nouvelles, les faits allégués remonteraient à 2015 dans le cadre d'une soirée entre amis dans une résidence privée située dans la région de Montréal. Il s'agirait d'avances sexuelles refusées par la présumée victime.

Selon ce qu’a appris TVA Nouvelles, qui a consulté des textos que la victime alléguée aurait fait parvenir à Me Cloutier, celle-ci n'aurait pas rompu ses liens avec lui après 2015. Dans un des textos datant de 2016, elle l'invite à sa fête et dit qu'elle l'aime. Dans un autre, en 2018, elle dit vouloir prendre une photo avec lui pour célébrer les 10 ans d'amitié.

Par ailleurs, la victime alléguée s’est confiée en juillet dernier à la directrice générale de Juripop, Sophie Gagnon. Or, malgré la dénonciation, Marc-Antoine Cloutier n'a pas immédiatement été mis à la porte du conseil d'administration de Juripop.

«La seule manière de faire en sorte qu’un administrateur quitte un conseil immédiatement, c’est s’il décide de son propre chef de démissionner. Nous, dans notre situation, Me Cloutier niait les faits et refusait de démissionner immédiatement, ce qui fait en sorte que le seul processus qui aurait pu être enclenché par le conseil impliquait l’embauche d’un enquêteur externe et la mise sur place d’une enquête qui aurait forcé la personne à la base des dénonciations de répéter son histoire, d’avoir à convaincre quelqu’un de sa crédibilité.»

Selon Me Gagnon, cette option était non seulement incompatible avec la mission de Juripop, «mais aussi avec les intentions qu’elle nous avait exprimées – elle ne souhaitait pas porter plainte».

«C’est la raison pour laquelle la proposition de Me Cloutier de quitter en octobre [à la fin de son mandat] était la solution qui permettait de mettre fin à son implication au sein de Juripop rapidement, tout en évitant à la personne d’être revictimisée et de passer au travers d’un processus qu’elle nous avait indiqué ne pas vouloir entreprendre.»

La directrice générale de Juripop a alors informé à la victime alléguée de la décision prise par le conseil d’administration de permettre à Me Cloutier de rester jusqu’en octobre. D’abord soulagée, cette dernière s’est ravisée peu après, en avouant être déçue, avoir «été en colère» tout en soulignant que «Juripop l’a laissé tomber», selon ce qu’a appris TVA Nouvelles. La dénonciatrice serait en réflexion avec ses avocats sur la prochaine étape à suivre. On ignore pour l'instant si une plainte sera logée à la police.

-Avec les informations d’Yves Poirier, TVA Nouvelles

Juripop devra s’expliquer

La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a annoncé, samedi midi, sur Twitter, qu'elle va convoquer une «rencontre avec ses collègues du Comité transpartisan sur l'accompagnement des victimes», ajoutant que «face aux allégations sur l’ancien président de Juripop, l’organisme doit nous fournir des explications».

Quelques heures plus tôt, toujours sur Twitter, la députée libérale Isabelle Melançon avait demandé «une rencontre d’urgence» des membres de ce comité, «afin de faire la lumière sur la gestion du C.A. dans ce dossier». «Rappelons que l’organisme Juripop a obtenu 2,6 M$ du gvt du Qc en décembre, afin d’offrir un service d’accompagnement et de conseils juridiques gratuits aux victimes de violences sexuelles.»