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Drame à La Conception: «Il a tout tenté» pour les sauver

Le choc est grand pour les proches du père qui a péri avec sa fillette dans une rivière des Laurentides

Alexandre Morier noyade La Conception
Photo tirée de Facebook Alexandre Morier était un père dévoué pour ses enfants Elliot, 6 ans, et Zoé, 4 ans.

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Alexandre Morier, le père qui a sombré dans une rivière des Laurentides, vendredi, « est mort en héros », selon sa famille, alors qu’il tentait de rattraper sa fille et son garçon, emportés par le fort courant.

« Il a tout tenté pour sauver ses enfants. C’était un grand homme. C’est pour cette raison que le drame est si affligeant », confie Frédéric Morier, la gorge nouée, en témoignant du décès de son frère et de sa petite filleule.

Alexandre Morier, un Montréalais originaire de Sainte-Agathe-des-Monts, était en visite chez une tante à La Conception vendredi, avec ses enfants Elliot, 6 ans, et Zoé, 4 ans.

L’homme de 44 ans était séparé de la mère des petits depuis près d’un an.

La famille s’amusait sur une petite plage bordant la rivière Rouge, vers 10 h 15, un peu avant le drame tragique.

« Mon frère et les enfants s’apprêtaient à rentrer à Montréal, raconte M. Morier. Une corde à danser s’est éloignée dans l’eau. Alexandre a tenté de la rattraper, mais les enfants l’ont suivi. Ils ont vite été emportés par le courant. »

La famille s’amusait sur la plage bordant la rivière Rouge un peu avant le drame, qui a coûté la vie au père et à sa fille.
Photo Martin Alarie
La famille s’amusait sur la plage bordant la rivière Rouge un peu avant le drame, qui a coûté la vie au père et à sa fille.

Agrippé à une racine

Le père a réussi à sortir son fils, qui se serait agrippé à une racine, mais il était trop tard pour la petite Zoé. Le jeune Elliot serait ensuite allé chercher de l’aide.

« Alexandre s’est battu jusqu’à son dernier souffle pour ramener sa fille. Il est mort en héros », laisse tomber son frère de 50 ans, qui demeure à Sainte-Thérèse.

Frédéric est l’aîné de la fratrie Morier, composée de cinq enfants « très soudés et inséparables ».

C’est lui qui a eu la lourde tâche d’identifier son frère lorsque sa dépouille a été retrouvée vendredi.

Le corps inerte de la fillette avait quant à lui été repêché un peu plus tôt en après-midi par un citoyen au camping de la Montagne D’Argent, qui borde la rivière Rouge.

Le corps de la petite Zoé a été retrouvé à la hauteur du camping de la Montagne d’Argent, à La Conception.
Photo Martin Alarie
Le corps de la petite Zoé a été retrouvé à la hauteur du camping de la Montagne d’Argent, à La Conception.

M. Morier est persuadé que son frère et sa petite famille n’avaient pas l’intention d’aller dans l’eau.

« Les vestes de sauvetage étaient dans le coffre de la voiture, fait-il valoir. Il n’aurait jamais laissé ses enfants se baigner sans vestes de flottaison. Ils la portaient toujours, même dans la piscine. C’était une condition à la baignade. »

Courant traître

Et ce n’était pas la première fois que le quadragénaire fréquentait la petite plage de La Conception, selon son frère.

« Mais avec la pluie des derniers jours, le cours d’eau était encore plus traître qu’à l’habitude », croit-il.

« Ce n’est pas une plage qui est aménagée pour la baignade, a expliqué Benoît Martel, directeur de la Régie incendie Nord-Ouest Laurentides après la double noyade. À cet endroit, il suffit de faire quelques pas dans la rivière, après, ça descend rapidement dans des eaux profondes et il y a un fort courant. »

Père extraordinaire

M. Morier décrit son jeune frère comme un homme d’une extrême prudence, un grand sportif et un père « d’une douceur et d’une patience extraordinaires ». Il était le dernier à qui un tel drame aurait pu arriver, résume-t-il.

« Ces familles éplorées qu’on voit dans les journaux ou à la télé, on ne s’imagine pas que ça peut être nous, lance l’aîné. Ma voix ne fait que s’ajouter à celles des familles dévastées par toutes ces noyades. Un plan d’eau, ça peut être meurtrier. Il faut toujours s’en méfier. »


En date d’hier, la Société de sauvetage du Québec recensait 66 décès pour l’année 2020, comparativement à 46 à pareille date en 2019.