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L’argent reste dans la cour

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Mon ami et collègue Bock-Côté dit parfois que l’échec du projet national québécois nous a amenés collectivement à nous replier vers la sphère privée. Ma famille, mon char, ma maison, mon terrain...

Il a raison et c’est plus vrai que jamais avec la pandémie. 

Étranges pénuries 

Il faut dire que nous n’avions pas vraiment le choix... confinés puis encore limités par les directives de santé publique, il y a quelques projets de voyage qui sont devenus des plans de piscines creusées.

Ça a provoqué d’étranges pénuries. J’ai galéré pendant des semaines pour acheter un fumoir, pour découvrir ensuite qu’on n’arrivait plus à trouver de charbon de bois dans la contrée. En télétravail à deux dans un appartement lors d’un été marqué par les canicules, j’ai fini par céder à l’achat d’une thermopompe qui ne sera installée qu’en septembre. Un de mes amis ne pourra remplacer le filtreur brisé de sa piscine qu’au même moment.

La belle saison est courte ici !

Dollar-loisir 

Hier, au IKEA, les tablettes étaient aussi vides que la place était remplie de gens masqués, pas tant distancés. Les consommateurs, manifestement pas trop maganés par la PCU, dépensent sur leur demeure.

Pendant ce temps, les boutiquiers des quartiers touristiques comptent les heures. L’argent est parti ailleurs. Il reste à la maison, en fait, au grand plaisir des quincailliers et des entrepreneurs qui font du terrassement. Tant qu’à être pris sur son terrain, autant qu’il soit beau, n’est-ce pas ?

Pour une stratégie de relance complète, il faudra voir comment ce déplacement du dollar-loisir affectera l’ensemble de l’économie, l’emploi dans certains secteurs et l’approvisionnement dans d’autres. Surtout, il faut voir si ces changements seront amenés à durer. 

COVID-19 ou pas, on est moins portés à voyager quand on a une piscine neuve dans la cour.