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Nashville avant Montréal?

La Cité de la musique a le vent dans les voiles

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Photo AFP Un beau défi attend David Dombrowski à Nashville.

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C’est le statu quo dans le dossier de la garde partagée des Rays entre Tampa et Montréal. Le discours demeure le même.

Voici d’ailleurs un communiqué que m’a envoyé Daniel Granger, relationniste du groupe Bronfman : « Nous avons entrepris avec enthousiasme notre travail depuis le début de l’année, conjointement avec les Rays, pour développer notre projet de villes sœurs, avec un nouveau stade dans les deux régions et une saison de baseball partagée. 

Maquettes des futures installations.
Photo d'archives
Maquettes des futures installations.

« Malgré la pandémie qui a ralenti certains de nos travaux, nos équipes respectives progressent très bien dans l’analyse de tous les volets de ce projet passionnant ».

On sait que Bronfman maintient un contact régulier avec le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg. 

Pour 2024

Cela dit, Montréal n’est pas la seule ville sur les rangs pour l’obtention d’une équipe du baseball majeur. Ça bouge beaucoup du côté de Nashville. Un projet est en place. 

Ses promoteurs souhaitent la venue d’un club et avoir un stade clé en main pour 2024. 

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MM. Bronfman et Sternberg ont la même idée en tête pour la réalisation de leur projet, mais le bail liant les Rays à Saint Petersburg pose problème.

Le maire Rick Kriseman tient mordicus à ce que les Rays respectent intégralement l’entente pour la location du Tropicana Field jusqu’à son échéance prévue pour 2027.

Dave Dombrowski dans le coup

David Dombrowski, qui fut directeur général des Expos de 1989 à 1991, vient de joindre les rangs du groupe de Nashville. Il a raconté à un journaliste de l’endroit qu’il a sondé l’intérêt du bureau du commissaire pour la capitale du Tennessee avant d’accepter le poste de consultant qui lui était offert.

Il a vendu dernièrement la propriété qu’il possédait à Boston et déménagera dans la Cité de la musique à la fin du mois. C’est un signe qu’il croit vraiment aux chances de Nashville d’obtenir une concession de la MLB.

« Absolument ! me lance-t-il au bout du fil, et ce, même si nous n’avons aucune promesse de la part des autorités du baseball à ce moment-ci.

« Nashville est une ville formidable et en pleine croissance. J’aime les gens qui font partie du groupe. Ils ont un bon plan. La tâche ne sera pas facile, mais les chances que ça réussisse sont là. »

Bons hommes de baseball

La MLB est campée sur ses positions en ce qui a trait à une éventuelle expansion. Rien ne se sera fait tant que la situation des Rays et celle des Athletics d’Oakland ne seront pas réglées.

Les gens de Nashville savent que la seule acquisition d’un club coûterait un milliard de dollars au bas mot. Des investisseurs potentiels locaux et de l’extérieur ont été approchés. Le conseil de direction a pris l’engagement de ne pas demander de fonds publics pour la construction d’un stade et le développement du secteur qui serait retenu. 

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C’est bien beau, mais ça reste à voir.

On retrouve au sein du comité deux autres figures connues du baseball. Ce sont l’ancien gérant Tony La Russa, trois fois vainqueur de la Série mondiale avec les Athletics (1989) et les Cardinals de Saint Louis (2006 et 2011), et l’ex-lanceur David Stewart qui possède lui aussi trois bagues de championnat (1981 avec les Dodgers, 1989 avec les Athletics et 1993 avec les Blue Jays).

Hommage à la Ligue des Noirs

Stewart est l’un des cinq Afro-Américains seulement à avoir occupé le rôle de directeur général dans les majeures avec les Diamonds de l’Arizona, de 2014 à 2016. Militant pour l’avancement des Noirs, il souhaite la présence d’Afro-Américains et de personnes des minorités visibles parmi les investisseurs.

Le surnom de l’équipe est déjà trouvé. Elle se prénommerait les Stars en hommage à une formation qui a évolué dans la Ligue des Noirs à compter de la fin des années 1930 jusqu’au début des années 1950.

Le directeur administratif du groupe, John Loar, possède 30 ans d’expérience dans les domaines de l’immobilier, du sport et du divertissement. Il a représenté des gens d’affaires dans l’acquisition de deux concessions du baseball majeur. Il a été aussi impliqué dans l’acquisition et la vente des Seahawks de Seattle, de la NFL.

Le groupe a son site web (mlbmusiccity.com). On peut y lire que les promoteurs projettent la construction d’un stade de
42 000 sièges, le chiffre 42 étant un hommage à Jackie Robinson.

Le stade serait situé dans un parc public de 6,5 acres, inauguré en 2012, qui comprend déjà un amphithéâtre, des sentiers de marche et des glissades d’eau. Le stade des Titans du Tennessee, de la NFL, est tout près.

Amazon arrive !

Dombrowski a été impressionné par ce qu’il a vu et appris de Nashville lors d’une visite en décembre dernier.

« Avant la pandémie de COVID-19, 81 nouveaux travailleurs débarquaient en ville quotidiennement, raconte-t-il avec enthousiasme. C’était la ville américaine qui revendiquait l’augmentation la plus rapide de la population. La société Amazon est en train de construire un centre d’opérations dans le centre-ville. La ville a toujours été un haut lieu de la médecine et de l’éducation. » L’arrivée d’Amazon engendrera la création de 5000 emplois et rapportera 10 milliards en nouvelles taxes à l’État, au comté et à la ville, au cours des 10 prochaines années.

« Sur le plan sportif, Nashville a déjà des équipes dans la NFL, dans la LNH (Predators) et, depuis cette année, dans la MLS (Nashville SC), » souligne Dombrowski.

La ville compte une équipe de baseball de calibre AAA, affiliée aux Rangers du Texas, dans la Ligue de la côte du Pacifique.

L’optimisme est de mise.

« Tout est à l’état de projet, mais le potentiel est là », termine Dombrowski.

Dombrowski s’y connaît en équipe d’expansion  

Dave Dombrowski avait 31 ans au milieu de la saison 1988, lorsqu’il a succédé à Bill Stoneman au poste de directeur général des Expos. 

En septembre 1991, il quittait Montréal pour devenir le premier DG des Marlins de la Floride, qui firent leurs débuts dans la Ligue nationale deux ans plus tard. Il s’y connaît donc dans la construction d’une équipe de l’expansion.

« Le contexte était toutefois un peu différent à mon arrivée à Miami, dit-il.

« Tout est à faire à Nashville. On part de zéro. On n’a pas de propriétaire ni de stade. 

« À Miami, je fus le premier homme de baseball embauché par l’organisation. On avait déjà l’équipe, un propriétaire en Wayne Huizenga et le Pro Player Stadium que l’on partageait avec les Dolphins de la NFL. »

Du pire au meilleur... au pire !

Huizenga était un autodidacte. À 25 ans, il emprunta 5000 $ à son père pour mettre sur pied une entreprise de services sanitaires. À son décès en 2018, sa fortune nette était évaluée à 2,8 milliards.

Fondateur de Blockbustervideo, entre autres choses, il fut aussi le premier propriétaire des Panthers de la Floride avant de devenir propriétaire plus tard des Dolphins.

Jugeant que la progression des Marlins n’allait pas assez vite à son goût après quatre ans, il prit le pari d’investir dans le marché des joueurs autonomes pour la saison 1997.

C’est ainsi que Dombrowski s’acquit les services de Moise Alou, Cliff Floyd, Bobby Bonilla et Alex Fernandez. La masse salariale de l’équipe augmenta de 25 à 52 millions, une augmentation de 108 %.

Les Marlins remportèrent la Série mondiale contre les Indians de Cleveland, mais une désagréable surprise attendait Dombrowski après la saison. Huizenga lui donna l’ordre d’échanger la plupart de ses gros salariés.

Après avoir terminé au deuxième rang de la division Est de la Ligue nationale avec une fiche de 92-70, les Marlins chutèrent en cinquième et dernière place en 1998 avec un dossier de 54-108.

Deux bagues des Séries mondiales

En 31 saisons comme directeur général dans les majeures (Montréal, Floride, Detroit et Boston), Dombrowski a vu ses équipes participer aux séries neuf fois, remporter sept championnats de division dans la Ligue américaine et mériter deux titres de la Série mondiale. Son plus récent remontant à 2018 avec les Red Sox. 

En septembre dernier, soit 10 mois seulement après la conquête de la Série mondiale par les Red Sox, il était remercié de ses services.

En janvier, son ancien gérant Alex Cora quittait son poste lorsqu’il fut jugé coupable d’être le cerveau des vols de signaux commis par les Astros de Houston lors de la Série mondiale 2017 contre les Dodgers de Los Angeles. Il est sous le coup d’une suspension d’un an.

Des accusations furent portées contre les Red Sox cette même année-là, ainsi qu’en 2018. Dombrowski a été toutefois blanchi par une enquête de la MLB, en février dernier.