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Des primes insultantes

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En septembre prochain, les cadres et le personnel non syndiqués de la SAQ empocheront 7,63 millions de dollars en bonis pour l’exercice financier 2019-2020. Il y a trois semaines, les 1900 cadres d’Hydro-Québec ont reçu une prime de 21 millions de dollars. En temps de pandémie, c’est très fâchant.

Les cadres ont-ils vraiment besoin de cet argent alors que la population québécoise souffre financièrement à cause de la COVID-19 ?

Si notre gouvernement dispose de fonds pour enrichir les plus riches fonctionnaires, il devrait aussi en avoir pour payer suffisamment les travailleurs essentiels, pour offrir de meilleurs salaires au personnel de la santé, pour fournir davantage d’aide financière aux entrepreneurs dans le besoin.

Des primes pendant une pandémie, ça n’a pas lieu d’être.

Solidarité s’il vous plaît

Les travailleurs essentiels ont rarement un salaire digne de leur importance. Le taux horaire minimum, à temps plein, ne permet pas de vivre confortablement. 

Alors qu’ils sont surexposés à la COVID-19, ces travailleurs et travailleuses risquent leur santé et doivent se contenter d’une aide financière maximale de 1600 $ sur quatre mois, prévue par Revenu Québec. C’est trop peu. Surtout lorsque l’on constate que l’ancien président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, recevait il y a quelques semaines un bonus de 233 300 $.

Les travailleurs de la santé sont exténués et c’est aux dirigeants des sociétés d’État qu’on octroie une somme qui leur permettrait d’aller se reposer en vacances.

Des entrepreneurs vivent un stress énorme, tandis que leur compagnie plonge dans un gouffre financier et que le gouvernement ne leur offre pas d’aide adéquate. 

Si nous avons le luxe de fournir des primes aux hauts fonctionnaires parce que les sociétés d’État ont bien performé, nous devrions aussi être en mesure d’épauler financièrement ceux et celles qui font rouler l’économie sur le terrain. 

Le gouvernement a la responsabilité de tendre la main aux personnes qui en ont vraiment besoin pour passer à travers cette crise.