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Donald Trump sur le mont Rushmore

Donald Trump sur le mont Rushmore
Photo AFP

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Après une petite semaine de sevrage de l’actualité politique, je rentrais tout juste à la maison avec la petite famille, hier soir, lorsque les alertes se multiplient sur mon téléphone. Je m’empresse de déverrouiller l’écran en espérant apprendre l’identité de la colistière de Joe Biden ou encore une annonce importante du président sur l’impasse budgétaire.

Vous imaginez sans peine ma surprise, et mon amusement, lorsque je constate la nature de la «nouvelle»; la Maison-Blanche aurait effectué des démarches pour étudier la possibilité d’ajouter le buste de Donald Trump à ceux de quatre de ses prédécesseurs qu’on retrouve sur le célèbre mont Rushmore.

Donald Trump sur le mont Rushmore
Montage courtoisie

J’ai bien rigolé avant de m’apercevoir que c’est le New York Times qui s’intéresse à ce dossier. Même si le journal est la cible de bien des critiques depuis quelques mois, on ne parle quand même pas d’une feuille de chou et le traitement est sérieux. Donald Trump s’est empressé de gazouiller n’avoir jamais effectué une telle demande, même s’il croit que ses réalisations justifieraient une place aux côtés de Washington, Jefferson, Lincoln et Roosevelt.

Comme c’est le cas pour bien des «nouvelles» entourant le président Trump depuis trois ans, au-delà du caractère risible ou controversé de l’information, on trouve un questionnement légitime. En supposant qu’on considère sérieusement d’ajouter le buste de Donald Trump, la chose est-elle possible? Non.

Bien des visiteurs du parc national n’ont pas attendu l’élection du milliardaire pour interroger les gestionnaires sur la possibilité de modifier la sculpture. Chaque fois, on leur répond que c’est techniquement impossible. S’il y a bel et bien un espace à la gauche du visage de George Washington, la paroi est trop instable pour être travaillée. On le sait depuis longtemps puisque c’est à cet endroit que devait figurer Thomas Jefferson. On a plutôt choisi de le «coincer» entre Washington et Lincoln.

Autre particularité du dossier, la philosophie des parcs nationaux. Même si l’administration a effectué sa demande auprès de la gouverneure de l’État, le parc est de juridiction fédérale. Interrogées sur l’éventualité d’un ajout, les autorités ont répondu qu’on respecterait l’intégralité de l’œuvre. Le concepteur étant décédé, toute possibilité de modification s’est éteinte avec lui.

Il faut aussi préciser que l’œuvre a été réalisée dans un contexte bien différent et que les idéaux et les valeurs à l’origine de sa conception sont ceux d’une autre époque. Déjà, le 3 juillet dernier, je soulignais l’ensemble des controverses et des questions légales. Souhaite-t-on vraiment rouvrir une plaie qui n’est pas totalement cicatrisée?

On peut imaginer que la gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem, apprécie toute la publicité entourant son État et le mémorial depuis le début de la présidence Trump; vous pouvez parier sans risques que le buste de Donald Trump n’y fera pas une apparition. Je vous laisse le soin de jauger les mérites du 45e président, mais on devra trouver une autre manière de souligner sa «grandeur».