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Le flou persiste sur le rattrapage scolaire

Les mesures sanitaires accueillies avec soulagement

Retour à l'école
Photo Chantal Poirier Guillaume (secondaire 1),
Josh (4e secondaire) et Clémentine (4e année) ont rempli leur panier d’effets scolaires, lundi à Montréal, et sont prêts pour la rentrée.

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Le plan révisé de rentrée scolaire a été accueilli avec un soupir de soulagement, mais plusieurs déplorent le flou qui persiste toujours concernant les mesures de rattrapage scolaire.

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Des représentants de directions, d’enseignants et de parents se réjouissent de constater qu’il y a davantage de précisions et de cohérence dans la deuxième mouture du plan gouvernemental présenté lundi, notamment concernant le port du masque, qui devient obligatoire à partir de la 5e année du primaire, comme le recommande la Santé publique canadienne.

« Ça nous semble plus cohérent que ce qui avait été annoncé ce printemps », affirme Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

La disparition des « bulles » de 4 à 6 élèves à l’intérieur des classes, jugées « ingérables » par les profs du secondaire, a aussi été saluée. « C’est ce qui nous causait le plus de maux de tête », lance Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles.

Retard scolaire

De nombreux intervenants pressent toutefois Québec de faire connaître rapidement les mesures qui seront mises en place pour aider les élèves à combler leur retard scolaire, puisque plusieurs n’ont pas mis les pieds à l’école depuis la mi-mars.

Lundi, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a affirmé qu’il y aura « des ajouts de services » pour les élèves vulnérables qui seront annoncés « ultérieurement ». Mais le temps presse, souligne Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement.

« La mise à niveau des jeunes, c’est important. Une année scolaire, ça ne s’organise pas en une fin de semaine. Ça reste une préoccupation majeure », affirme-t-il.

Décrochage

Même son de cloche de la part du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage.

« On pense que le ministre sous-estime les difficultés qu’ont vécues les jeunes pendant la pandémie », affirme sa directrice, Mélanie Marsolais.

Au mouvement Je protège mon école publique, on considère que l’absence d’annonce concernant les mesures de rattrapage vient « plomber » la présentation du plan gouvernemental révisé, indique sa porte-parole, Patricia Clermont.

La réussite des élèves préoccupe aussi au plus haut point l’Association des pédiatres du Québec. « Ceux qui avaient déjà de la difficulté scolaire, il va falloir trouver des moyens pour aider ces étudiants-là à remonter leur niveau et qu’on ne se retrouve pas avec des plus gros problèmes plus tard ou du décrochage scolaire, ce qui serait une catastrophe », affirme son président, le Dr Marc Lebel.

—Avec Geneviève Lajoie

Ce qu’ils ont dit  

« On a vu un ministre de l’Éducation nous parler de mesures sanitaires, de logistique, de mesures d’aménagement, ce qui était nécessaire et urgent. Mais moi j’attends toujours un ministre de l’Éducation qui va se préoccuper d’abord et avant tout, ou tout autant, de la santé pédagogique des élèves du Québec »

- La députée péquiste Véronique Hivon

« Le grand oublié encore de ce plan-là, c’est l’aspect pédagogique, le rattrapage. Je suis un peu sous le choc que le ministre de l’Éducation ne réalise pas que son mandat, c’est la réussite des élèves » 

- La députée solidaire Christine Labrie

« Ça prend un plan pour le décrochage (scolaire) qui, malheureusement, pourrait s’accentuer à cause de la COVID-19 » 

- La députée libérale Marwah Rizqy

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