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Comment mettre le feu au soccer canadien

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À court terme, on est fixé. La saison MLS reprendra dans les différents marchés de la ligue. Par contre, au Canada, on jouera entre nous. L’Impact devrait donc enchaîner dans les prochaines semaines six matchs contre le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver.

Pour le soccer canadien, c’est une bonne chose. À se voir autant, les différents clubs du pays vont exacerber le sentiment de rivalité qui les habite. Ce sera l’occasion de bâtir des rivalités solides et même de les élever un peu plus dans notre imaginaire.

À mon avis, l’Association canadienne est d’un point de vue marketing très heureuse de cette décision du circuit Garber.

Pour les joueurs canadiens de chacun des trois clubs, ces confrontations ajouteront une motivation supplémentaire. Avec leur performance et leur engagement, ils pourront aider à la popularité du sport au nord de la frontière. Être une inspiration pour les jeunes qui les regardent, voilà ce à quoi tout sportif professionnel devrait aspirer.

Bref, c’est une décision sensée de la MLS de faire jouer les équipes canadiennes entre elles dans cette première (ou deuxième ?) phase du retour au jeu. Mais avait-elle vraiment le choix dans les circonstances ?

Pour la suite des choses

Après cette phase toute canadienne, les choses risquent de se compliquer pour la MLS. Si on anticipe, il serait étonnant que les clubs canadiens puissent accueillir des matchs à domicile face à leurs rivaux américains. Si on prend l’exemple du baseball majeur et des Blue Jays de Toronto, il faudra trouver une solution alternative.

Cette nouvelle phase sera autant un défi d’organisation que financier pour l’Impact. Faudra-t-il déménager aux États-Unis pour compléter la saison régulière ? À ce stade-ci, on a l’impression que c’est la seule issue.

Si l’exil devait s’avérer nécessaire, le caractère du Bleu-blanc-noir serait mis à rude épreuve. Après Orlando, comment gérer une autre période d’isolement ? Est-ce que les familles voyageraient avec le reste du club ? Est-ce que les joueurs accepteraient de rester encore loin de chez eux pendant plusieurs semaines, voire des mois ?

Quand une équipe doit se rassembler pour une longue période, la vie de groupe dépend beaucoup des résultats. Si elle gagne, il est plus facile de côtoyer les coéquipiers sept jours sur sept, 24 heures sur 24. À Orlando, chez l’Impact, les performances ont été pour le moins inconstantes. Ce ne sera pas facile à gérer si ça se reproduit en octobre.

Une finale surprise

Ce soir, le tournoi de reprise connaîtra son dénouement avec une finale Portland-Orlando que personne n’avait prévue. Si on peut tirer un enseignement du dernier mois en MLS, c’est que la saison est et sera pour le moins imprévisible d’un point de vue sportif. La compétition est plus que jamais ouverte et toutes les équipes — ou presque — peuvent rêver aux grands honneurs.

De plus, dans les circonstances inhabituelles que l’on connaît, la ligue a décidé d’élargir à 18 le nombre d’équipes qui seront qualifiées pour les prochaines séries éliminatoires.

Si j’étais Thierry Henry, c’est le message que je transmettrais à mes joueurs. Tout est possible cette saison. L’Impact est encore dans le coup et les joueurs ont encore l’occasion de réussir quelque chose de spécial et renverser les différents amateurs et analystes du circuit Garber. Il n’en tient qu’à eux.