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La fillette de Granby n’est pas un cas unique

Un rapport demande la refonte de la protection de la jeunesse

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Après le dépôt mardi d’un rapport accablant sur la fillette martyre de Granby, qui « n’est pas un cas unique » au Québec, une vice-présidente de la Commission des droits de la personne réclame une refonte du système de protection des enfants.

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« Ce sont des constats durs, mais ça fait plusieurs années qu’on voit ces problématiques, qui sont récurrentes, a soutenu Suzanne Arpin, vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Y’en a beaucoup trop de ces dossiers-là. Ça arrive plus souvent qu’on le pense. »

Erreurs de jugement, fausses croyances, lecture erronée de faits, manque de supervision, c’est à « toutes les étapes du processus clinique et légal » qu’il y a eu des manquements dans la gestion du dossier de la jeune fille morte fin avril 2019, a-t-elle écrit dans une lettre envoyée à plusieurs ministres du gouvernement Legault.   

  • Suzanne Arpin revient sur l’enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse à QUB Radio:   

« À tous les moments où un professionnel aurait pu poser un geste ou se poser une question, ça ne s’est pas fait », a précisé Mme Arpin, ne pouvant donner davantage de détails, pour des raisons légales. 

Des recommandations

Après son enquête sur ce décès qui a marqué la province, la CDPDJ a été en mesure d’émettre plusieurs recommandations pour corriger les lacunes du système de protection de la jeunesse, même si les problématiques sont connues « depuis longtemps ».

« À la Commission, on en voit trop souvent, des dossiers de maltraitance, a souligné Mme Arpin. On interpelle les ministères à appliquer les recommandations. C’est la structure qu’il faut changer. »

On demande notamment une revalorisation des conditions de travail des intervenants afin de retenir le personnel, d’améliorer le manque de formations dans le milieu ainsi que d’élaborer un protocole d’échanges entre la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et les centres de la petite enfance (CPE) pour les signalements.   

  • Karine Darcy, directrice et fondatrice de l’organisme «Aide, conseils et assistance aux familles québécoises», commente le dossier à QUB Radio:   

« Il faut aussi que le point de vue de nos enfants soit entendu et pris en compte. Il faut qu’ils soient rencontrés individuellement, confidentiellement », martèle Mme Arpin, qui déplore que les intervenants soient débordés.

« On passe à côté de protéger nos enfants. La DPJ est un gros bateau à faire virer de bord, mais il faut que ce soit fait au plus vite », a fait valoir Me Valérie Assouline, qui représente la mère biologique de la fillette de Granby.

  • Écoutez l'entrevue de Me Sharon Otis, avocate spécialisée en droit de la famille, à QUB Radio:

Engagement

En point de presse mardi, le premier ministre François Legault a réagi au dépôt de ce rapport. 

« Lionel Carmant et moi, on s’engage à mettre en place les recommandations », a-t-il soutenu. 


La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, doit aussi rendre un rapport d’ici novembre prochain.