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L’élève contre le maître

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Photo AFP Carey Price a fait la différence contre les Penguins de Pittsburgh et il sera le joueur clé contre les Flyers de Philadelphie.

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Si la dernière série des Canadiens était étiquetée Sidney Crosby contre Carey Price, la prochaine opposera l’élève au maître, soit le gardien de 21 ans des Flyers de Philadelphie, Carter Hart, à son idole, le vétéran de 33 ans Carey Price. 

Ça promet ! Hart est le plus jeune gardien numéro un de la LNH et il vivra des moments forts dans cette série. Il dit avoir hâte d’affronter Price, et c’est bon signe. Ça sera une motivation additionnelle pour lui et c’est un peu ce que je vivais chaque fois que j’affrontais Patrick Roy. 

L’important pour Hart est d’embrasser le défi et de ne jamais se laisser envahir par le doute. Il doit se prouver à lui-même qu’il est capable de jouer contre les meilleurs et il se mesurera à un Carey Price au sommet de son art.  

Les grands gardiens de but ont habituellement eu à se surpasser à un très jeune âge et c’est une opportunité en or pour Hart. Si jamais il avait le meilleur sur Price, à 21 ans, ça le ferait passer à un autre niveau. Tous les joueurs dans la LNH savent qu’il a du talent, mais battre Price ajouterait une corde à son arc : le facteur intimidation.  

À sa première expérience en séries, il ne veut surtout pas donner l’impression d’un gardien qui flanche sous la pression. Comme une série est souvent composée de hauts et de bas, la clé dans le cas de Hart sera de faire un blocage mental et de rester concentré sur son jeu. Il n’a pas le droit de changer son approche parce qu’il affronte un excellent gardien de but comme Price. 

Price est en mission 

Ce sera un beau duel et Hart a tout à prouver. Quant à Price, il est en mission. Je vois un gardien différent de celui des séries de 2017 contre les Rangers de New York. Je vois un gardien avec du « chien » et je ne l’ai jamais vu afficher un niveau d’intensité si élevé en séries éliminatoires. Il a fait la différence contre les Penguins. 

Il a fait exactement ce à quoi je m’attendais de lui. Il a volé le premier match et il est entré dans la tête des joueurs des Penguins. Il y avait même un peu d’arrogance dans son langage corporel et on voyait en points de presse que Sidney Crosby n’aimait pas répondre aux questions concernant Price. 

Claude Julien très actif 

Je m’attendais également à ce que Claude Julien soit très actif au cours de cette série et il a fait les changements appropriés. Il a eu le meilleur sur Mike Sullivan et il devra faire encore preuve de créativité contre son homologue des Flyers, Alain Vigneault, qui est flanqué, ne l’oublions pas, d’un autre ancien entraîneur des Canadiens, Michel Therrien. 

Cette série va susciter beaucoup d’intérêt au Québec, et comme ce sont tous des entraîneurs fiers, ils ne voudront rien céder à l’adversaire. Le danger, autant pour Julien que pour Vigneault, sera de vouloir trop en faire. 

Price et Shea Weber sont en mission. Ils ont pris l’équipe en main et ils se sont comportés comme de vrais leaders. Je ne m’attends à rien de moins d’eux contre les Flyers. Il n’y a plus de débat à savoir qui a eu le meilleur dans l’échange de P.K. Subban contre Weber. À l’avantage de Marc Bergevin. 

Place aux vraies séries ! 

Quant à moi, les vraies séries, ça débute ce soir, et la bonne nouvelle pour les Canadiens c’est qu’ils ont battu les Pens sans jouer leur meilleur hockey. Avec plus de discipline et plus d’implication de certains joueurs, comme Tomas Tatar, Jonathan Drouin et Max Domi, tous les espoirs sont permis pour disposer des Flyers. 

Carey Price sera la clé, et la façon dont il joue m’incite à prédire une victoire des Canadiens en sept parties.  

Entrefilets 

Le « Big Three »

Shea Weber, Jeff Petry et Ben Chiarot ont disputé une grosse série contre les Penguins et c’est curieux comment on parle soudainement d’un « Big Three ». Je vais toutefois attendre encore avant de proclamer que Chiarot est un défenseur de ce niveau et que nous avons un véritable « Big Three » à Montréal. 

Crédit à Tortorella et Dubois

Le controversé entraîneur des Blue Jackets de Columbus, John Tortorella ne s’est pas fait d’amis au Québec en engueulant Pierre-Luc Dubois la semaine dernière, et même si je n’aime pas cette manière de faire, il faut tout de même reconnaître qu’il sait tirer le meilleur de ses joueurs. La LNH est une ligue de résultats et la feuille de route de Tortorella est éloquente. Il m’impressionne de plus en plus. Personne ne donnait cher de la peau des Blue Jackets en début de saison. Chapeau à Dubois également. Il a démontré beaucoup de caractère en répondant à l’appel de Tortorella. 

La chance sourit aux Rangers

Les Rangers de New York ont gagné la loterie Alexis Lafrenière et c’est un dénouement gagnant-gagnant pour les deux parties. À mon avis, les Rangers sont sur le point de devenir une puissance pour plusieurs années. Ils sont les prochains Blackhawks de Chicago ou les prochains Penguins de Pittsburgh. Leur programme de reconstruction est en phase accélérée depuis un an et là, Dame Chance vient de leur offrir le premier choix pour la première fois de leur histoire.  

L’endroit idéal pour Lafrenière

Je souhaitais à Alexis Lafrenière d’aboutir chez les Rangers en raison du potentiel de l’équipe, mais aussi pour la ville. J’aurais adoré jouer à New York et après les Canadiens, les Rangers auraient été mon premier choix. J’aurais accepté moins d’argent pour jouer avec eux. Être une grande vedette à New York, ça représente toutes sortes d’opportunités. Il verra aussi ce que ça veut dire de jouer pour l’une des six équipes originelles. Les jeunes de son âge n’en sont pas toujours conscients, mais lorsque Lafrenière rencontrera des anciens Rangers comme Rod Gilbert, Brian Leetch, Mark Messier, Mike Richter et plusieurs autres, il verra qu’il fait partie d’une organisation très spéciale. Je suis vraiment heureux pour lui. 

— Propos recueillis par Gilles Moffet