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Montreal Qwabec!

Bloc Ville de Montréal
Photo d'archives, Agence QMI

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Montréal n’est plus que bilingue, petit à petit, la métropole vire à l’anglais.

Montréal vire à l’anglais

Le plus récent bilan de l’Office québécois de la langue française (OQLF) dresse un constat que plusieurs avaient déjà remarqué: à Montréal, l’anglais est partout présent. Et selon l’OQLF, quand on travaille à Montréal, on est susceptible de parler l’anglais. 

À l’embauche, ça ressemble à ceci, selon un article de l'Agence QMI

«Près de 63% des entreprises dans la métropole ont exigé à la dernière personne embauchée un certain niveau d’anglais. Environ le tiers d’entre elles souhaitaient trouver quelqu’un à l’aise dans cette langue non seulement pour être capables de s’entretenir avec les clients, mais aussi pour assurer les communications internes au sein de la compagnie.» 

Et The Gazette ajoute: 

«À Montréal, 50% des arrondissements ou des banlieues ont exigé ou recherché l'anglais seulement ou, minimalement, le bilinguisme lors de leurs embauches en 2018.» 

Vous avez bien lu, l’anglais seulement. Sans problème. Au Québec. 

Doit-on rappeler que la langue officielle du Québec est le français et que la charte qui fonde l’entité qu’est la ville de Montréal le stipule aussi? 

Ça fait des années que plusieurs voix le crient sur tous les toits, le français recule à Montréal, il se meurt, à petit feu. Manifestement, le feu prend de l’ampleur, plus vite qu’on le pensait. 

Dans les faits, Montréal est en train de virer à la langue de la majorité canadienne. Et il y aura des gens au Québec pour s’en réjouir. Car oui, il y a des fédéralistes qui n’attendaient que ça. Qui y ont travaillé même. En négligeant la francisation et l’intégration des nouveaux arrivants par exemple. Pendant des années. 

Voilà le résultat. Une fonctionnaire-cadre qui a fait carrière surtout au ministère de l’Immigration me disait, il n’y a pas si longtemps, en boutade, qu’un immigrant qui ne s’intègre pas au Québec, il s’intégrera assurément au Canada! 

Ceci est tiré de l’excellent texte de Louis Cornellier dans Le Devoir à propos du texte incendiaire du cinéaste Bernard Émond sur l’état du Québec et du mouvement indépendantiste: 

«Dans un réquisitoire contre "notre veulerie, notre indifférence", notre soumission à la puissance culturelle de l’anglosphère et contre notre démission quant à la transmission de l’histoire du Québec et de la langue française, Émond, qui en appelle à un sursaut de volonté collective sans trop y croire, pointe quelques obstacles supplémentaires au projet indépendantiste.» 

Privée de sa majorité francophone et de sa capacité d’intégration des nouveaux arrivants, Montréal, note-t-il, «ne fait déjà plus partie du Québec» et «est devenue une ville canadienne où on a simplement un peu plus de chances de se faire comprendre en français qu’ailleurs». L’ultragauche, ajoute-t-il, en plaidant pour le sans-frontiérisme et en s’adonnant au «culte de la plus petite différence», a tourné le dos à la lutte nationale québécoise et refuse de voir «que nous sommes de plus en plus seuls et que nous sommes en train de mourir». 

«Nationaliste», la CAQ?

Le gouvernement Legault ne pouvait pas ne pas réagir. On promet des mesures musclées. Voilà un premier grand test en ce qui a trait au «nationalisme» de la CAQ. On le sait, plusieurs ex-péquistes, certains probablement encore indépendantistes, ont grossi les rangs du parti de François Legault; mais dans les postes névralgiques du parti, on retrouve beaucoup d’ex-libéraux, d’ardents fédéralistes. 

Battre le tambour d’une loi 101 plus musclée, plus incisive dans son application, cela ne passera pas comme une lettre à la poste dans les rangs du parti de Legault. On se félicitera que celui qui héritera du dossier soit un franc nationaliste, Simon Jolin-Barrette. Nul doute que ce ministre y croit. Ardemment. 

On verra maintenant ce que proposera le gouvernement. Nous ne sommes plus au temps des mesurettes et du «cosmétisme» politique pour sauver la face – et la chèvre et le chou. 

Redresser la barre et engager le chantier de la refrancisation de Montréal fera des mécontents. La balle est dans le camp du gouvernement, voyons s’il saura assumer son étiquette «nationaliste»...