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Rentrée scolaire masquée: les parents demeurent inquiets

Malgré les nouvelles mesures, plusieurs parents craignent de possibles éclosions de COVID à la rentrée

Retour à l'école
Photo Chantal Poirier Alper Dreze, que l’on voit avec sa fille Silen, craint la contagion que pourrait entraîner une éclosion en classe, car il habite avec ses parents âgés.

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Malgré le port du masque obligatoire pour certains élèves, des parents appréhendent les éclosions qui pourraient survenir dans la classe de leur enfant.

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«Mon fils est jeune. S’il l’attrape, il l’attrape. Mais s’il le rapporte à la maison, c’est autre chose», s’inquiète Patrick Roy, qui souffre d’asthme et dont la conjointe est immunosupprimée.

«Vingt enfants dans une classe et pas de masques!» s’exclame-t-il.

D’autres parents pensent déjà à limiter les visites chez les grands-parents, de peur qu’un de leurs enfants soit un porteur asymptomatique. 

  • Écoutez l'entrevue de Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l’Enseignement supérieur, à QUB radio:  

Pour Alper Dreze, la situation est encore plus délicate: il habite avec ses deux parents âgés et craint que sa fille ne les contamine.

«Je ne sais pas ce que je vais faire s’il y a une éclosion», admet-il. La petite Silen reprendra tout de même le chemin de l’école dans quelques semaines, faute d’une autre option.

Malgré la nouvelle mesure, la jeune Maxim Bergeron, 10 ans, a hâte de commencer sa cinquième année à l’Externat Saint-Cœur de Marie, dans le secteur de Beauport.

Maxim Bergeron, 10 ans, qui commencera sa cinquième année à l’Externat Saint-Cœur de Marie à la rentrée, dans le secteur Beauport de Québec.
Photo Jean-François Desgagnés
Maxim Bergeron, 10 ans, qui commencera sa cinquième année à l’Externat Saint-Cœur de Marie à la rentrée, dans le secteur Beauport de Québec.

«Je trouve ça bien, ça va aider à protéger mes grands-parents et ma petite sœur qui va bientôt naître.»

Rentrée spéciale

Même si les couvre-visages sont absents de plusieurs listes de fournitures scolaires, ils seront un incontournable de cette rentrée scolaire teintée par la COVID-19.

Les jumelles Marissa et Vanessa, 5 ans et demi, étaient bien contentes de montrer leurs achats, sous l’œil de leur sœur Perla, qui entre en première secondaire. Absents de la photo, leurs parents, Christine Tawile et Joud Nasri.
Photo Chantal Poirier
Les jumelles Marissa et Vanessa, 5 ans et demi, étaient bien contentes de montrer leurs achats, sous l’œil de leur sœur Perla, qui entre en première secondaire. Absents de la photo, leurs parents, Christine Tawile et Joud Nasri.

La plupart des parents rencontrés par Le Journal applaudissent à la décision du ministère de l’Éducation, d'imposer le port du couvre-visage à partir de la cinquième année, mais certains auraient préféré qu’il soit obligatoire en classe, comme c’est le cas en Ontario.

«Mes enfants sont retournés à l’école sans masque en mai, ce qui me semblait un non-sens. Personnellement, je trouve ça bien, que les enfants mettent un masque. Les miens en mettent toujours un en public, même s’ils ont moins de 12 ans», ajoute Dominique Bilodeau, de Lac-Mégantic, qui travaille dans une maison de soins palliatifs, où les normes sont strictes.  

  • Écoutez l'entrevue de la Dre Caroline Quach, pédiatre, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au CHU Sainte-Justine, à QUB radio:   

À Québec, certains sont soulagés de voir que les plus jeunes ne sont pas soumis à la règle.

«Je suis contente de ne pas avoir à le gérer. Les enfants vont le manipuler comment, leur masque? Et le ranger où? Je vais le retrouver dans le sac à lunch? Et quoi faire avec le masque à la récréation? Et en hiver?» s’interroge Élise Carpentier, mère d’une fillette qui commencera sa troisième année.

D’autres, comme Marie Perron, trouvent le port du masque au primaire «un peu intense». «Mon garçon, qui est en 4e, est très content de ne pas avoir à mettre le masque», assure-t-elle.

Stress supplémentaire

L’abolition de la distanciation physique entre les élèves à l’intérieur des salles de classe fait aussi réagir les parents.

«L’abandon des bulles, ça me fait peur», affirme une autre mère, qui a limité le plus possible les sorties en public depuis le début du confinement.

La maman de trois enfants, qui n’a pas voulu être nommée, aurait préféré attendre «au moins en janvier» avant de les renvoyer en classe.

Elle s’est résignée à ce que sa fille, suivie pour un possible problème de santé aux poumons, commence sa quatrième année à l’école comme prévu. «C’est un acte de foi. Je crois au saint Purell», soupire-t-elle.

Pour sa part, Joud Nasri, père de trois fillettes, ne voit pas de problème à ce que les élèves ne maintiennent pas une distance de deux mètres entre eux en classe.

«Au parc, il n’y a pas de distance entre les enfants, pourquoi pas en cours?» illustre-t-il.

Des éclosions

La fébrilité de la rentrée sera à son comble en cette année fort spéciale. En cas d’éclosion, le quotidien de plusieurs familles pourrait changer très vite.

«Je m’attends à ce qu’il y ait des éclosions», affirme Julie Dénommée, mère de deux enfants d’âge scolaire, faisant le parallèle avec les camps de jour.

«J’ai l’impression qu’il faut profiter [des grands-parents] en ce moment, parce qu’à l’automne, on ne sait pas», estime Mme Dénommée.

«Avec le changement d’école, c’est un double stress», constate Christine Tawile, dont la fille entre en première secondaire dans quelques semaines.

«Ma grande fille va comprendre [toutes les mesures imposées], mais peut-être pas les petites», a ajouté Mme Tawile, aussi mère de deux jumelles qui commencent la maternelle.

— Avec la collaboration de Daphnée Dion-Viens

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