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Roberge joue son mandat

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Le ministre de l’Éducation joue de prudence avec son plan «ajusté» de rentrée scolaire. Un automne réussi dans les écoles abaisserait la chaleur à son endroit.

L’obligation du port du masque pour les jeunes du secondaire et surtout pour ceux de 5e et 6e année du primaire constitue un gros changement, qui sera appliqué partout, même dans des régions où le virus est plus timide.

Le ministre a songé un moment à instaurer des mesures différentes autour de la métropole et dans le reste du Québec, mais la Santé publique a plaidé pour le principe de précaution auquel il s’est rallié.

Même sur le principe d’imposer le masque aux jeunes de 10 ans, Roberge hésitait. C’est une décision qui n’a pas été agréable à prendre. Mais la recommandation de Santé Canada, vendredi, a rapidement fait pencher la balance.

«Ce qu’on ne voulait surtout pas, c’est être obligé de changer de cap dans un mois ou deux, donc, aussi bien le faire maintenant», m’a-t-il expliqué.

Écorché au printemps

Visiblement, le ministre cherche à éviter les accusations d’improvi­sation qui ont ponctué son printemps. La soupe était devenue chaude.

En gérant comme il le pouvait les aléas de cette crise inédite, il s’était mis à dos à la fois les enseignants et les directions d’école.

Un de ses collègues élus m’avait confié: «Nous, on sait qu’il est bon, mais là, il [nous] fait mal», ce qui traduisait une certaine impatience même dans les rangs caquistes.

Depuis, François Legault l’a délesté de la responsabilité de l’Enseignement supérieur, pour qu’il se consacre uniquement à réussir la rentrée dans les écoles primaires et secondaires.

Le test de son mandat

Le ministre, lui, ne croit pas que sa situation est fragile.

Hier, il a rassuré tout le monde quant aux conditions dans lesquelles la rentrée va s’effectuer. Il lui reste à démontrer que des mesures de rattrapage permettront d’effacer le retard entraîné par la pandémie.

Si l’année scolaire se passe bien, il sera assurément là pour inaugurer ses «belles écoles», qui lui tiennent tant à cœur, à la fin du mandat.

Sinon, il sentira vite la chaleur à nouveau...