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Sale temps pour l’emploi au Québec

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Le marché du travail a eu beau se redresser solidement à la suite du déconfinement progressif et de la reprise économique, le Québec accuse encore 244 500 pertes d’emploi par rapport à son niveau de février, soit le niveau précédant le déclenchement de la paralysie de l’activité économique à cause de la pandémie de la COVID-19.

Cela représente 30 % des 821 000 emplois que le Québec avait perdus en mars et avril derniers. 

Comme on peut le voir, il reste encore beaucoup de jobs à rattraper ! Et ce, surtout du côté de l’emploi à temps plein.

LE TEMPS PLEIN EN CRISE

Malheureusement, c’est en effet à ce chapitre que le Québec continue d’accuser encore la plus grande portion des pertes d’emploi subies lors des deux mois de la désastreuse paralysie de l’économie, laquelle paralysie a durement frappé le Québec, le Canada, voire le monde entier.

Les emplois à temps plein non encore récupérés au Québec s’élèvent à 207 000, ce qui représente près de 85 % de l’ensemble des 244 500 emplois qui restent à recouvrer pour revenir au niveau de février dernier.

Selon les données de l’emploi rapportées par Statistique Canada, le Québec a connu un bon mois de juillet en ajoutant à sa fiche près d’une centaine de milliers d’emplois.

Le problème ? 

Ce n’était que des emplois à temps partiel. Je n’ai évidemment rien contre la création d’emplois à temps partiel... mais on conviendra que ce n’est pas avec des emplois à temps partiel que l’on solidifie le marché du travail. D’autant que la plupart de ces emplois à temps partiel rapportent une faible rémunération aux travailleurs.

ÇA VA BIEN AU PUBLIC

Les employés du secteur public qui ont momentanément perdu leur emploi à cause du désastre économique occasionné par la pandémie de la COVID-19 ont presque tous récupéré leur boulot jusqu’à présent.

Sur les 82 000 emplois perdus en mars et avril dans le secteur public au Québec (incluant les employés provinciaux, fédéraux, municipaux...), à peine 6000 n’ont pas encore été récupérés.

C’est donc dire que 93 % des pertes d’emploi ont été effacées jusqu’à maintenant dans le secteur public québécois.

Ce n’est tout de même pas une surprise de voir le secteur public afficher une si « belle » performance, les gouvernements de Québec et d’Ottawa voulant sans doute prêcher par l’exemple en soutenant les emplois dans leur fonction publique et parapublique.

Quoi qu’il en soit, les partis au pouvoir savent qu’ils peuvent « toujours compter » sur l’ensemble des contribuables pour payer la note !

MAIS AU PRIVÉ...

Ce n’est pas la même dynamique qui prévaut.

Sur les 721 900 emplois perdus en mars et avril derniers dans les entreprises privées, quelque 220 400 d’entre eux n’ont pas été pourvus jusqu’à présent.

S’ajoutent à cela les travailleurs autonomes, dont 18 100 n’ont pas retrouvé leur travail.

Au total donc, le secteur privé québécois accapare à lui seul 97,5 % de tous les emplois non récupérés jusqu’à maintenant.

Comme quoi le secteur privé reste encore durement touché, malgré le déconfinement et la reprise des activités économiques.